© INTERNELe gouvernement devrait lâcher un peu de lest aux automobilistes. Une manière de se rallier leur coeur à un an de la Présidentielle, après plusieurs mois de politique répressive en matière de sécurité routière. Le ministre délégué à l'Aménagement du territoire Christian Estrosi a même espéré dimanche (sur Radio J) que seraient présentées "des propositions équilibrées d'ici les vacances" d'été.
Il ne s'agit pas d'une amnistie pure et simple, mais certains aménagements pourraient être apportés au permis à points, notamment ne pas avoir à attendre un délai de six mois avant de pouvoir repasser un permis invalidé. Ce qui permettrait aux petits conducteurs "presque" modèles de souffler un peu, sachant que 7,4 millions de points ont été retirés en France en 2005 et plus de 54.000 permis ont été invalidés.
Dominique Perben a confirmé lundi vouloir réformer le permis à points mais ne pas vouloir assouplir la politique de sécurité routière. L'information a été révélée dimanche par Le Parisien qui affirme qu'une réforme va être annoncée dès début juillet pour assouplir ce système du permis à points instauré en 1992 et que déjà les policiers auraient reçu des consignes de clémence. Mais Rémy Heitz, délégué interministériel à la Sécurité routière, a infirmé dimanche certaines informations du quotidien.
Aménager le permis à points
Première piste à l'étude, confirmée pare Rémy Heitz : afin de faire reculer le nombre de conducteurs sans permis, qui a triplé en un an (33.000 contrôlés pour défaut de permis en 2005), "réduire" voire "supprimer" le délai de six mois avant de pouvoir repasser un permis invalidé. Car ce délai est souvent vécu comme une seconde peine par les automobilistes. "Mais aucune décision n'a été prise" encore, précise Rémy Heitz.
Autres idées qui seraient à l'étude : permettre aux auteurs des petites infractions, sujets à la perte d'un ou deux points, de les récupérer plus rapidement. Aujourd'hui, il faut attendre trois ans sans infraction pour récupérer les points perdus. Et prévoir un bonus supplémentaires de points pour les jeunes conducteurs. Actuellement, les conducteurs "A" n'ont que six points pour démarrer. Les "dispositions" étudiées seront "discutées" lors d'un prochain conseil interministériel à la sécurité routière.
Tolérance zéro pour les petits excès de vitesse
Le délégué interministériel à la Sécurité routière et le ministère des Transports ont en revanche formellement démenti vouloir tolérer les petits excès de vitesse. La sanction graduelle a d'ailleurs été instituée par le gouvernement Raffarin. Mais Christian Estrosi se dit tout de même pour une "politique plus équilibrée et plus juste pour ceux qui ne commettent pas d'infraction grave, qui n'ont pas une conduite dangereuse".
Les associations de lutte contre la violence routière contactées par Le Parisien ne semblent pas crier au scandale, malgré une hausse récente du nombre de tués sur les routes après trois ans de baisse. Elles proposent de renforcer les contrôles d'alcoolémie "en échange" de ces assouplissements.
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