Jean-Louis Gergorin mis en examen dans l'affaire Clearstream (TF1/LCI) © TF1/LCIPremière mise en examen dans l'affaire Clearstream. Elle concerne celui que l'on appelle le corbeau : Jean-Louis Gergorin. L'ex-dirigeant d'EADS a été mis en examen dans la nuit de jeudi à vendredi pour "dénoncation calomnieuse" et "faux et usage de faux", mais a été laissé libre sous contrôle judiciaire.
Jean-Louis Gergorin, 60 ans, proche de Dominique de Villepin, a été entendu au pôle financier du tribunal de Paris pendant environ trois heures par les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons qui ont saisi le juge des libertés et de la détention (JLD) en vue d'obtenir son incarcération. Le JLD s'y est opposé conformément aux réquisitions du parquet. Jean-Louis Gergorin doit également régler une caution de 80.000 euros. Convoqué mardi matin à la Division nationale des affaires financières (DNIF) à Nanterre, il avait passé deux jours en garde à vue.
"Une véritable affaire"
L'ex-diplomate a reconnu avoir été à l'origine de l'envoi de quatre des cinq courriers anonymes au juge van Ruymbeke et comportant de faux comptes. Toutefois, il plaide toujours la "bonne foi", réclamant d'autres investigations. "C'est un homme qui reste persuadé que l'affaire Clearstream est une véritable affaire et que les listings correspondent à une réalité. Il persiste à penser que les vérifications qui ont été faites par le juge van Ruymbeke sont insuffisantes", a déclaré l'un de ses avocats Me Paul-Albert Iweins.
Par ailleurs, les magistrats ont demandé mardi et obtenu dès mercredi du parquet de Paris l'élargissement de leur enquête à des faits de "faux et usage de faux". En appliquant cette nouvelle qualification à M. Gergorin les juges le soupçonnent d'avoir participé à la falsification des listings. Cette mise en cause apparaissait déjà dans une enquête du général Philippe Rondot, ex-conseiller pour le renseignement du ministre de la Défense.
La source reste anonyme
En outre, M. Gergorin a affirmé aux magistrats qu'il s'était entendu avec le juge van Ruymbeke pour que les courriers soient envoyés anonymement, ce que "dément formellement" le juge d'instruction. Mais, en mettant en examen l'ancien haut dirigeant d'EADS pour "dénonciation calomnieuse", les juges ont conclu que ce dernier avait pris seul l'initiative d'adresser à la justice les lettres non signées.
Par ailleurs, il a affirmé ne pas avoir averti Dominique de Villepin de ses démarches auprès de M. van Ruymbeke, prévenant seulement le général Philippe Rondot. Enfin, M. Gergorin n'a pas dévoilé devant les enquêteurs, comme il l'avait répété dans la presse, l'identité de la mystérieuse "source" qui lui aurait procuré les faux listings Clearstream, "question d'honneur", selon Me Iweins.
Lahoud convoqué
De forts soupçons pèsent toutefois depuis plusieurs semaines sur Imad Lahoud, ex-informaticien embauché chez EADS par Jean-Louis Gergorin. L'intéressé dément formellement. Il aura l'occasion de s'expliquer mercredi prochain à 9h30 devant les policiers de la Division nationale des investigations financières (DNIF), a-t-on appris vendredi matin source proche du dossier.
D'après AFP
(Image TF1/LCI : Jean-Louis Gergorin repart libre, dans la nuit de jeudi à vendredi)
Retour MYTF1
Chargement en cours...



