David Hotyat, l'"enfant sage" qui a basculé

le 13 juin 2006 à 18h09 , mis à jour le 13 juin 2006 à 18h22

La deuxième journée du procès du meurtrier présumé de la famille Flactif en 2003, était consacrée mardi à l'étude de sa personnalité. Revenant sur son passé, David Hotyat s'est décrit comme un "enfant sage" et "sans histoire". Un expert psychiatre a affirmé qu'il n'avait "pas de pathologie mentale" mais un "comportement d'évitement".

flactif_hotyat_procesDavid Hotyat lors de sa première comparution devant le tribunal d'Annecy pour incendie volontaire d'un chalet de la famille Flactif © LCI

La deuxième journée du procès de David Hotyat devant la cour d'assises de Haute-Savoie, mardi, était consacrée à la personnalité de ce dernier. L'ancien mécanicien de 33 ans est accusé d'avoir assassiné, le 11 avril 2003, Xavier Flactif, promoteur immobilier de 41 ans, sa compagne Graziella Ortolano, 36 ans, et leurs trois enfants, âgés de 6 à 10 ans, dans leur chalet du Grand-Bornand (Haute-Savoie).

Appelé à témoigner le matin, David Hotyat a décrit une enfance heureuse dans une famille de trois enfants du nord de la France, auprès d'un père agent de maintenance et d'une mère postière. "Ma famille, c'est ma famille, c'est mes yeux", a-il expliqué. L'accusé est un passionné de course à pied, d'oiseaux et de pêche, qui mène une existence sans histoire. "Nous n'avons jusqu'en 1992, quand vous avez 20 ans, que de bons renseignement sur vous", reconnaît le président de la Cour, François Bessy.

Hotyat accomplit son service militaire, rempile pour être casque bleu en ex-Yougoslavie "afin de défendre la civilisation". Il raconte les villages détruits, les réfugiés lâchés sur les routes et le froid. A son retour en France, Hotyat rencontre sa future compagne, Alexandra Lefèvre. C'est alors qu'il commence à multiplier les actes délictueux ou de violences. Les personnes qu'il agresse sont, selon lui, "des alcooliques". "Ces gens-là, je les reconnais tout de suite, j'ai horreur des alcooliques", lance-t-il devant la cour.

Un comportement "d'évitement"

Interpellé le 16 septembre 2003, David Hotyat a dans un premier temps reconnu avoir tué, seul, les cinq victimes, par jalousie. Il devait conduire les gendarmes à l'endroit où il avait brûlé les corps et avait expliqué avec force détails comment il avait agi. Mais a ensuite changé d'avocat, s'est rétracté, se contentant de reconnaître la crémation des corps et mettant en cause, pour la mort de la famille Flactif, deux inconnus.

Dans l'après-midi, l'expert psychiatre Pierre Lamothe a alors affirmé que Hotyat ne présentait pas de pathologie mentale mais qu'il avait "un comportement d'évitement de ce qui le met en cause". "Il est un peu comme Patrick Henry, ce n'est pas lui conscient qui a fait tout cela", a expliqué le médecin. "Il ne veut pas être réduit à ce qu'il ne veut pas être", explique Pierre Lamothe qui ajoute que le fait d'avoir horreur du sang n'empêche par de tuer citant au passage le cas connu du légionnaire aguerri qui "tombe dans les pommes" quand on lui fait une piqûre. Un peu plus tôt, David Hotyat avait déclaré avoir horreur du sang. "Je n'ai pas assisté aux accouchements d'Alexandra, je ne suis pas à l'aise à l'hôpital, la vue du sang m'insupporte".

le 13 juin 2006 à 18:09
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