La défense d'Emile Louis tente de détourner les soupçons

le 21 juin 2006 à 18h25 , mis à jour le 21 juin 2006 à 18h54

La défense a fait citer mercredi devant les assises de Paris un témoin qui pourrait, selon elle, ne pas être étranger à des faits qui ont été reprochés à Emile Louis. Il est jugé en appel dans l'affaire des disparues de l'Yonne.

emile louis proces draguignan © INTERNE

Il s'appelle Yvan, est âgé de 46 ans, et est le fils d'une ancienne compagne de l'accusé. L'accusé, c'est Emile Louis, actuellement jugé en appel dans l'affaire des disparues de l'Yonne, devant les assises de Paris. Mercredi, Yvan a été cité comme témoin par la défense. Selon elle, il pourrait ne pas être étranger à l'assassinat de sept jeunes femmes dans la région d'Auxerre à la fin des années 70, les faits reprochés à Emile Louis.

Mercredi, Yvan a vu tout un pan de son passé resurgir. Sa vie, un court laps de temps avec Emile Louis quand celui-ci est venu s'installer chez sa mère en 1978-1979. Son non-lieu dans une affaire d'attouchements qu'il était soupçonné d'avoir fait subir à deux fillettes placées chez sa mère, à la fin des années 70. Très ému, Yvan a répété à la cour qu'il n'a rien à voir avec une affaire à cause de laquelle il ne voit plus sa compagne ni son enfant.

"Je n'ai jamais frappé une femme"

Mais la défense a surtout insisté sur les relations que le témoin a entretenues avec Sylviane Lesage, une jeune fille retrouvée morte en 1981 et qu'Emile Louis a été accusé d'avoir tuée avant de bénéficier d'un non-lieu. Yvan a reconnu avoir été "le petit ami" de Sylviane Lesage à l'adolescence et l'avoir revue peu de temps avant sa disparition.

Un des avocats d'Emile Louis a insisté pour savoir si Sylviane Lesage devait le retrouver le jour de sa disparition pour partir avec lui, comme l'affirment trois amies de la jeune femme. Yvan a nié avec force, comme il l'avait déjà fait devant les enquêteurs et le magistrat instructeur, qui ne l'avait pas mis en examen. Ce qui, pour l'avocat pose un "vrai problème". "Nous ne sommes pas en train d'accuser (le témoin) mais nous sommes en train de montrer qu'il y avait des soupçons, pas seulement sur Emile Louis, mais aussi sur le témoin", a affirmé le défenseur.

"Un fardeau qui me pourrit la vie"

Il reste que l'affaire Lesage n'est pas jugée par la cour, comme l'a fait remarquer le président Jacob, qui s'occupe de sept disparitions qui ont valu à Emile Louis la perpétuité en première instance. Agé entre 15 et 19 ans au moment des disparitions, qui ont eu lieu entre 1975 et 1979, Yvan n'a connu qu'une des sept disparues. Et encore "il ne la côtoyait pas". Il juge "aberrant" qu'on puisse le soupçonner. "Je n'ai jamais frappé une femme", clame-t-il au bord des larmes. Cette affaire est "un fardeau qui me pourrit la vie".

Le président Jacob a voulu rassuré Yvan : "à aucun moment de ses déclarations, Emile Louis n'a orienté les soupçons vers vous". "Je n'ai jamais cité Yvan", a d'ailleurs confirmé l'accusé mercredi, affaiblissant du coup l'argumentation de ses avocats.

(Emile Louis/archives/DR)

le 21 juin 2006 à 18:25
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