Délinquance : Ségolène Royal intervenant au 20 heures de TF1 en duplex de Lille © DR"Je sais de quoi je parle". Ségolène Royal l'a dit et redit vendredi, face à la polémique générée par ses propos sur la délinquance, notamment des mineurs. Elle l'a dit lors d'un discours vendredi matin à Orchies, où elle a réitéré ses propositions ; elle l'a dit également au 20 heures de TF1, où elle est apparue vendredi soir, interrogée en duplex de Lille.
Son attitude de fermeté vis-à-vis de la délinquance, peu courante au sein du PS, sa proposition d'un encadrement de type militaire des jeunes dès le premier acte de délinquance, sont-ils un aveu implicite que la gauche a échoué dans la lutte contre les problèmes de sécurité ? "Je pense qu'il faut regarder en face les problèmes qui se posent", a éludé la candidate à l'investiture PS pour 2007, avant de se demander pourquoi le mot militaire "ferait peur". "Lorsque je propose pour les primo-délinquants d'être encadrés dans des chantiers humanitaires, que ce soit avec des militaires, pourquoi ce mot ferait-il peur, alors que lorsqu'il y a une catastrophe humanitaire, ce sont des militaires, ce sont des pompiers, ce sont des gendarmes qui y vont ?"
"Les socialistes ont un autre message à diffuser"
Que répond-elle à la comparaison faite par ses détracteurs avec l'actuel ministre de l'Intérieur ? "Je ne me place pas sur le terrain de la droite, et encore moins sur celui de Nicolas Sarkozy. Je me situe sur le terrain des gens qui souffrent, à la fois de la précarité et de l'insécurité". La mise sous tutelle des allocations familiales ? "C'est le contraire de ce que fait M. Sarkozy puisque lui supprime et suspend les allocations familiales". Au contraire, selon elle, la mise sous tutelle, "ça veut dire qu'une famille garde ses allocations, mais qu'il y a une personne qui vérifie que ces dépenses sont bien faites dans l'intérêt des enfants".
Ségolène Royal a ainsi récusé les accusations de "plagiat" des thématiques de la droite. Affirmant que, dans un contexte marqué par une précarisation croissante et une insécurité grandissante, "les socialistes ont un autre message à diffuser". Et pour elle, aujourd'hui, "être socialiste, c'est ne pas accepter que le destin de certains jeunes soit scellé dès le plus jeune âge vers la prison". Pour elle, "le candidat ou la candidate à l'élection présidentielle sera le candidat ou la candidate de la lutte contre la précarité et de l'invention de nouvelles sécurités". Quant à ses propositions, elle les juge "en phase" avec le projet socialiste "qui dit que les socialistes doivent réaliser l'égalité devant l'insécurité".
Pourtant, au même moment, François Hollande intervenait sur France 2. Et le premier secrétaire du PS a pris ses distances, évoquant des "solutions dont certaines sont justes : quand on dit qu'il faut éloigner un certain nombre de délinquants des établissements qui sont atteints justement par ces phénomènes de violence, qu'il faut les encadrer, oui, mais pas nécessairement sur le plan militaire". Et d'ajouter : "Ségolène est une personnalité politique. Elle prend ses risques, elle fait des propositions, je ne les partage pas toutes. Mais une fois que le projet du PS pour 2007 sera adopté par tous les militants socialistes, alors chacun devra accepter ce projet-là".
Fabius : "Les socialistes ne soutiendront pas ces propositions"
Laurent Fabius, invité de l'émission franc-parler France Inter-i Télé-Le Point : "Les socialistes ne soutiendront pas ces propositions. En tout cas je l'espère (...) Ce n'est pas en se situant sur le terrain de M. Sarkozy, de M. Le Pen, qui sais-je encore (...) qu'on va obtenir des résultats (...) Notre projet, nos valeurs, ce n'est pas de militariser la société. Nos valeurs, ça s'appelle évidemment la sécurité, la responsabilité, la liberté, l'humanisme (...) Le projet socialiste, c'est le social, l'économie, l'éducation pour donner une perspective au pays".
Photo d'ouverture : Ségolène Royal intervenant au 20 heures de TF1 en duplex de Lille - DR
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