© Assemblée NationaleNicolas Sarkozy a confirmé mardi après-midi devant les sénateurs la régularisation au cas par cas des élèves étrangers scolarisés en France et de leurs parents sans papiers. Le ministre a indiqué avoir donné instruction aux préfets d'envisager l'admission au séjour des familles d'enfants nés en France ou arrivés en "très bas âge" et qui ne parlent pas la langue de leur pays d'origine. Présentant aux sénateurs son projet de loi sur l'immigration, il a toutefois exclu une régularisation systématique, pour éviter qu'il suffise "d'entrer illégalement en France et d'y scolariser un enfant" pour obtenir un titre de séjour.
Les examens "au cas par cas" devraient se faire au sein d'une commission nationale où associations et administration auront leur place, a précisé la Place Beauvau. Selon les premiers chiffres du ministère de l'Intérieur, 720 familles, soit près de 2500 personnes, seraient concernées.
Vraie marche arrière ou "effet d'annonce"
Selon le Figaro, qui avait annoncé ce matin cette marche arrière du ministre de l'Intérieur sur le dossier des expulsions, Nicolas Sarkozy a pris cette décision devant notamment la sensibilisation de l'opinion publique au problème des enfants qui risquaient d'être expulsés avec leur parents sans papiers à la fin de l'année scolaire le 30 juin prochain.
L'association Réseau Education Sans Frontière, créé en juin 2004 pour lutter contre ce type d'expulsion, s'est indignée mardi matin de cette clémence sélective de Nicolas Sarkozy. Selon le porte-parole Richard Moyon, c'est une simple "effet d'annonce", le ministre de l'Intérieur tente juste de se "refaire une virginité humanitaire" (lire l'interview).
Des policiers récupèrent deux enfants kurdes à la maternelle |
Des policiers français sont venus chercher mardi dans une école maternelle du Mans (ouest) deux petits frères kurdes, âgées de 3 ans et demi et 6 ans, dont la mère était en cours de reconduite à la frontière après le dépôt d'une demande d'asile politique, a-t-on appris auprès des enseignants. Le directeur de l'établissement a remis les enfants aux policiers après avoir obtenu le feu vert de sa hiérarchie. Les enfants étaient scolarisés dans cette école depuis mars dernier. "Les deux petits commençaient à s'intégrer (...) Ca nous a choqué. Venir dans une école, ça ne se fait pas", a témoigné une enseignante. Selon la préfecture du département de la Sarthe, la mère aurait déposé des demandes d'asile politique dans plusieurs pays, dont la France. Elle devrait être renvoyée vers la Norvège, pays où elle aurait déposé sa première demande d'asile, a-t-on précisé de même source. |
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