
Non-lieu ou cour d'assises ? La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Bordeaux, qui devait décider de l'opportunité des poursuites dans un dossier d'euthanasie mettant en cause un médecin et une infirmière de Dordogne, a tranché mardi : le docteur Laurence Tramois et l'infirmière Chantal Chanel seront renvoyées devant la cour d'assises de la Dordogne pour avoir donné la mort à une femme de 65 ans en phase terminale d'un cancer du pancréas. La chambre d'instruction a suivi la demande du ministère public.
"Nous irons devant la cour d'assises pour que s'ouvre un véritable débat de société", a déclaré l'avocat du médecin Laurence Tramois. "Ce qui est regrettable c'est de renvoyer un médecin et une infirmière devant les assises comme de vulgaires criminelles", a-t-il ajouté, laissant planer le souvenir du non lieu ordonné l'an dernier pour le Dr Chaussoy et Marie Humbert, pour l'euthanasie de son fils tétraplégique Vincent.
Les avocats des deux femmes avaient ainsi demandé le non-lieu estimant que les deux femmes avaient agi "par état de nécessité". La famille de la patiente décédée était d'ailleurs venue apporter son soutien aux deux femmes lors de l'audience. Depuis le début de la procédure les deux femmes ont également reçu le soutien de Marie Humbert. Ces femmes ont agi "par amour" et "pour soulager quelqu'un", avait-elle déclaré en janvier dernier. Une pétition, lancée par l'association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), a déjà recueilli plusieurs milliers de signatures en faveur d'un non-lieu.
Chantal Chanel, 39 ans, et Laurence Tramois, 34 ans, avaient été mises en examen, en novembre 2003, respectivement pour "empoisonnement" et "complicité d'empoisonnement". La première est poursuivie pour avoir administré une piqûre mortelle de potassium à la patiente. La seconde, qui faisait partie de l'entourage familial de la patiente, est poursuivie pour avoir ordonné ce geste par une note transmise à l'infirmière. Les deux femmes avaient fait appel de leur renvoi le 5 janvier devant une cour d'assises. Ce renvoi était intervenu trois jours après les réquisitions de non lieu prises par le procureur de Boulogne-sur-Mer dans le dossier Humbert.
Photo : Chantal Chanel devant le palais de justice de Bordeaux le 18 mai dernier (DR)
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