Euthanasie : les assises pour le médecin et l'infirmière

Par AG (avec afp), le 13 juin 2006 à 07h00 , mis à jour le 13 juin 2006 à 17h29

La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Bordeaux a tranché mardi : le médecin et l'infirmière de Dordogne, poursuivis pour avoir donné la mort à une femme de 65 ans en phase terminale de cancer, seront renvoyés devant une cour d'assises.

TF1/LCI Chantal Chanel Infirmière euthanasie Dordogne

Non-lieu ou cour d'assises ? La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Bordeaux, qui devait décider de l'opportunité des poursuites dans un dossier d'euthanasie mettant en cause un médecin et une infirmière de Dordogne, a tranché mardi : le docteur Laurence Tramois et l'infirmière Chantal Chanel seront renvoyées devant la cour d'assises de la Dordogne pour avoir donné la mort à une femme de 65 ans en phase terminale d'un cancer du pancréas. La chambre d'instruction a suivi la demande du ministère public.

"Nous irons devant la cour d'assises pour que s'ouvre un véritable débat de société", a déclaré l'avocat du médecin Laurence Tramois. "Ce qui est regrettable c'est de renvoyer un médecin et une infirmière devant les assises comme de vulgaires criminelles", a-t-il ajouté, laissant planer le souvenir du non lieu ordonné l'an dernier pour le Dr Chaussoy et Marie Humbert, pour l'euthanasie de son fils tétraplégique Vincent.

Les avocats des deux femmes avaient ainsi demandé le non-lieu estimant que les deux femmes avaient agi "par état de nécessité". La famille de la patiente décédée était d'ailleurs venue apporter son soutien aux deux femmes lors de l'audience. Depuis le début de la procédure les deux femmes ont également reçu le soutien de Marie Humbert. Ces femmes ont agi "par amour" et "pour soulager quelqu'un", avait-elle déclaré en janvier dernier. Une pétition, lancée par l'association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), a déjà recueilli plusieurs milliers de signatures en faveur d'un non-lieu.

Chantal Chanel, 39 ans, et Laurence Tramois, 34 ans, avaient été mises en examen, en novembre 2003, respectivement pour "empoisonnement" et "complicité d'empoisonnement". La première est poursuivie pour avoir administré une piqûre mortelle de potassium à la patiente. La seconde, qui faisait partie de l'entourage familial de la patiente, est poursuivie pour avoir ordonné ce geste par une note transmise à l'infirmière. Les deux femmes avaient fait appel de leur renvoi le 5 janvier devant une cour d'assises. Ce renvoi était intervenu trois jours après les réquisitions de non lieu prises par le procureur de Boulogne-sur-Mer dans le dossier Humbert.

Photo : Chantal Chanel devant le palais de justice de Bordeaux le 18 mai dernier (DR)

Par AG (avec afp) le 13 juin 2006 à 07:00
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

7 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Valoo, le 13/06/2006 à 18h39

    J ai accompagne une personne atteinte d un cancer du pancreas jusqu a son dernier souffle franchement on se langui que celui ci arrive car la douleur du patient est incontrolable et insupportable pour lui et l entourage . je ne sais pas vraiment s il faut punir ces gens quand on pense a toutes ces personnes tues gratuitement.je pense qu il faut vivre des moments semblables pour pouvoir juger

  • Lili01, le 13/06/2006 à 16h50

    Mourir dans la dignité cela devrait être simple et logique.Mourir libre tout simplement. Le mot mort fait peur, mais à qui? Pas à celui demande de mourir dans la sérénité? Mais pourquoi faire simple quand on peut faire compliquer.....

  • Batre, le 13/06/2006 à 16h03

    Un medecin doit donner la vie pas la retirer.Aujourd'hui on euthanasie pour une maladie incurable et demain par economie d'autres malades subiront ce sort.Alors reflechissez un peu.

  • Thierry, le 13/06/2006 à 15h14

    C'est lamentable, la justice laisse en liberté des gens dangereux et violents parcequ'elle n'a pas les moyens dit-elle, mais elle s'acharne sur des hoonêtes gens qui prennent des risques pour aider les malades en phase terminale, tout ça parceque les politicard n'ont pas le courage de légaliser ce qui est fait tous les jours dans les hopitaux...

  • Clem, le 13/06/2006 à 11h13

    Je comprend pas on a le droit d'abreger la souffrance d'un animal mais pas la souffrance d'un humain je trouve pas ça vraiment logique.. on devrai avoir plus pitié d'un etre humain que d'un animal non?

  • Piffeteau René-Jean, le 13/06/2006 à 11h00

    Je suis fier de compter parmi mes concitoyens, des hommes et des femmes animés par un tel sens du devoir et de la solidarité humaine. Toute mon admiration et toutes mes félicitations à ces accusées.

  • Alain, le 13/06/2006 à 10h58

    Encore une fois le contraste entre la France d'en bas qui n' aucun droit , même pas celui d'aider quelqu'un à mourir dans la dignité et celle d'en HAUT qui peut tout se permettre y compris de gacher impenument la vie d'innocents ! Espérons que les jurés auront la sagesse de les acquitter !

Lire tous les commentaires

      logAudience