Fabius refuse de "mélanger gauche et droite"

le 24 juin 2006 à 21h26 , mis à jour le 24 juin 2006 à 21h54

Dans un discours visant sans la nommer Ségolène Royal, Laurent Fabius a mis en garde samedi contre "une campagne de confusion" du PS. "Je souhaite une campagne de différenciation assumée et de convictions claires", a-t-il martelé. Il a également promis une hausse du SMIC de 6% "dès l'été 2007" en cas de victoire de la gauche.

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C'est devant 2200 personnes, selon ses proches, réunis chez lui au Grand-Quevilly, près de Rouen, au cours d'un "banquet de l'amitié", que Laurent Fabius a tenu meeting samedi. Et à cette occasion, le député de Seine-Maritime, candidat à l'investiture socialiste pour l'élection présidentielle, a mis en garde contre "une campagne de confusion" du PS lors de cette échéance - visant sans la nommer Ségolène Royal.

"Je refuse, comme beaucoup de militants anciens ou nouveaux, une campagne de confusion où notre porte-parole (le candidat, NDLR), l'oeil rivé sur les sondages, s'efforcerait de coller à l'ensemble des aspirations dans le cadre d'un discours en zigzag, ajoutant selon les moments et les endroits des mots de droite à des adjectifs de gauche et inversement", a déclaré Laurent Fabius.

"Ne confondons pas le politique et le médiatique"

L'ancien Premier ministre a fait valoir que "les Français ne sont pas des parts de marché, le suffrage universel n'est pas l'audimat". A l'opposé de ce qu'il dénonce, "je souhaite une campagne de différenciation assumée et de convictions claires, qui permette un vrai choix aux socialistes d'abord, puis à l'ensemble des Français", a-t-il ajouté. "Ne confondons pas le politique et le médiatique. Ne mélangeons pas notre gauche et notre droite", a encore affirmé Laurent Fabius. Autant d'affirmations qui sonnaient comme des critiques du positionnement politique de Ségolène Royal.

Affirmant vouloir rassembler "sur un contenu de gauche, c'est-à-dire ni sarkozyste, ni blairiste" (autre allusion à Ségolène Royal), Laurent Fabius s'est aussi livré à une violente charge contre Nicolas Sarkozy. "C'est autour du changement que M. Sarkozy médiatisera sa propagande pour la France d'après alors qu'il est coresponsable des graves difficultés de la France d'avant et de maintenant. Et il poussera la supercherie jusqu'à parler de rupture, lui qui depuis tant d'années est non seulement au pouvoir mais le pouvoir. La réalité est que notre adversaire probable (...) M. Sarkozy est d'abord M. Supercherie".

Sur le plan des engagements électoraux, Laurent Fabius a promis une hausse du SMIC de 6% "dès l'été 2007" en cas de victoire de la gauche à l'élection présidentielle, "soit plus du double de ce que serait son évolution normale". Il a assuré qu'il "veillerait" à ce que la hausse du SMIC, dans cette hypothèse, "soit réelle, rapide et réaliste" et à ce "qu'elle ne tire pas les autres salariés vers le bas". Selon Laurent Fabius, "cette augmentation sera réalisée sans alourdir le coût du travail dans les petites et moyennes entreprises, pour lesquelles des exonérations de charges doivent donc être prévues". Il a rappelé que le projet socialiste prévoyait de porter le SMIC "à au moins 1500 euros avant la fin de la prochaine législature".

Photo d'ouverture : Laurent Fabius - archives

le 24 juin 2006 à 21:26
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