© INTERNEEmile Louis a reconnu jeudi une partie des sévices infligés à sa seconde épouse et à sa belle-fille dans le Var durant les années 1990 et qui lui ont valu 30 ans de réclusion criminelle en octobre. Emile Louis, 72 ans, est jugé en appel à Paris pour l'assassinat de sept jeunes filles dans l'Yonne à la fin des années 1970 après avoir été puni de la perpétuité en première instance. L'examen de ces faits commencera vendredi et c'est un autre volet, varois celui-là, du parcours judiciaire de l'accusé qui a retenu l'attention de la cour jeudi. Emile Louis a été condamné à 20 ans de réclusion en mars 2004, puis à 30 ans en appel en octobre 2005, pour des viols avec torture sur sa seconde épouse et des agressions sexuelles sur sa belle-fille, commis dans le Var entre 1992 et 1995. Il s'est pourvu en cassation.
Chargé de l'enquête, le capitaine Pierre Cotti a décrit Louis comme une personnalité "à multiples facettes" : "affable, sympathique avec les gens extérieurs à son cercle familial" mais "peu causant, dur, pervers avec son entourage direct", comme l'ont montré les témoignages de la belle-fille et l'épouse de l'accusé.
"Il faut qu'il paye une bonne fois pour toutes"
Karine, 26 ans aujourd'hui, a eu du mal à trouver les mots pour raconter ce que son beau-père lui a fait subir à l'âge de 14 ans. "Il s'est livré à des attouchements sexuels", à des pénétrations "avec le doigt et la langue", a tenté de la pénétrer avec le sexe mais "n'a pas réussi", a-t-elle confié en pleurs. "Il me disait toujours que si je disais quoi que ce soit, il me ferait passer pour folle", a-t-elle expliqué. Emile Louis a reconnu "des attouchements et je le regrette profondément" mais il a nié toute tentative de pénétration avec le sexe.
Très fragile psychologiquement, lourdement dépressive, sa seconde épouse, Chantal Louis, a raconté de son côté les "pratiques barbares" imposées par son mari, de 17 ans son aîné, en 1992 et 1993. Tous les vendredis soir, "il m'attachait sur la table, me faisait des piqûres mal placées (dans l'anus, ndlr), me cisaillait le sein gauche", a-t-elle déclaré, expliquant qu'Emile Louis lui disait "que c'était pour faire partir le mal car j'étais dépressive". Pour Chantal Louis, "c'était du sadisme". Ne pardonnant pas ce que son mari a fait à sa fille, elle a ajouté : "Il faut qu'il paye une bonne fois pour toutes".
"On a fait l'amour un peu bizarrement, c'est notre intimité", a convenu Emile Louis, assurant que sa femme "était d'accord". Il a nié en revanche l'avoir attachée, tailladée ou lui avoir administré des piqûres. Un des avocats de la défense, Me Alain Thuault, a fait remarquer que les expertises n'avaient révélé aucune trace ou cicatrice sur le corps de Mme Louis. Invité à prendre la parole en dernier avant que sa femme ne se retire, Emile Louis lui a simplement demandé : "Qu'as-tu fait de ma petite chienne Jessie ?".
Photo d'ouverture : Emile Louis - archives
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