Gergorin charge Rondot devant les juges

Par Par D.S., le 04 juin 2006 à 11h47 , mis à jour le 13 septembre 2006 à 11h35

L'infiltration du système informatique de Clearstream aurait été réalisée "en liaison avec des responsables du ministère de la Défense", selon l'ex vice-président d'EADS dont les confidences aux juges d'instruction ont été divulguées par Marianne dimanche.

Jean-Louis Gergorin mis en examen dans l'affaire Clearstream (TF1/LCI)Jean-Louis Gergorin mis en examen dans l'affaire Clearstream (TF1/LCI) © TF1/LCI

Le corbeau n'a pas livré sa source. Mais, aux juges qui l'ont interrogé jeudi sur l'affaire Clearstream, Jean-Louis Gergorin a expliqué que son contact avait bel et bien piraté le système informatique de la société Clearstream. Bien plus, ce hacker aurait œuvré "en liaison avec des responsables du ministère de la Défense", selon une information du site de Marianne.

Grâce à sa source, Jean-Louis Gergorin aurait confirmé aux juges avoir obtenu, verbalement puis sous forme de schémas, des informations provenant de Clearstream. L'ex vice-président d'EADS s'en serait alors ouvert au général Rondot, afin d'"obtenir une vérification des informations troublantes". Le 4 janvier 2004, une réunion se tient au Quay d'Orsay entre Rondot, Gergorin et Dominique de Villepin. "A partir de janvier 2004, le général Rondot souhaitait intensifier les pénétrations afin de décrypter les transactions et l'apport d'informations relatives aux comptes les plus significatifs", aurait expliqué l'expert en stratégie, dont les propos sont rapportés par Marianne.

Deux CD-ROM aux contenus différents

Début avril 2004, la source aurait produit un listing de plus de 33.000 comptes référencés chez Clearstream. L'ancien diplomate reconverti dans les affaires révèle alors un autre fait troublant, également rapporté par Marianne. "Fin mai, la source nous informe, - Rondot et moi-même -, que 895 comptes avaient été fermés en bloc le 12 mai 2004. Probablement à la suite des investigations de Renaud Van Rymbeke (le juge en charge de l'enquête sur les frégates)".

Selon ses dires, Gergorin aurait obtenu un CD-Rom de ce super-listing et l'aurait envoyé au juge. Mais celui-ci ne l'aurait jamais reçu. Le corbeau aurait récupéré un second CD-ROM mais incomplet, cette fois. "En aucune façon, je n'ai altéré ou fait altérer ces éléments informatiques', aurait assuré Jean-Louis Gergorin aux juges d'instruction. Ces derniers doivent entendre l'informaticien Imad Lahoud mercredi prochain.

(Image TF1/LCI : Jean-Louis Gergorin à sa sortie du bureau des judes d'instruction)

Par Par D.S. le 04 juin 2006 à 11:47
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6 Commentaires

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  • Jm flais, le 04/06/2006 à 20h27

    Cette affaire n'interesse que les médias de toute façon dans quelque temps on en parlera plus

  • Eric, le 04/06/2006 à 20h22

    La verite vraie, c'est que ce pauvre Monsieur Gergorin ne sait plus quoi inventer pour se deculpabiliser. Mais Enarque ou pas, un menteur est un menteur. Ce qu'il a fait est comparable au comportement d'un collegien... Et aujourd'hui il passe pour une grosse balance. Ca lui apprendra.

  • Maret, le 04/06/2006 à 16h52

    Marianne fait son beurre!Gergorin prepare surement un bouquin; le simple pekin ne comprend rien et les juges nage dans la semoule " ras le bol"

  • Labrousse, le 04/06/2006 à 16h25

    Et dire que ce pignouf a fait polytechnique et l'ena et qu'il se comporte comme la première comère venue.

  • Fred, le 04/06/2006 à 16h04

    Comment se fait-il que les "confidences" faites dans le cabinet d'un juge d'instruction se retrouve le lendemain dans la presse? Qu'est-ce que c'est que cette justice à deux balles où le justiciable n'est même pas garanti du secret de l'instruction???

  • Vastre, le 04/06/2006 à 14h20

    Qui faut-il croire dans cette affaire : les juges, les corbeaux, les informaticiens, les victimes, les ministres, les ratons laveurs, les policiers, les espions, les journalistes ou les présidents de la république ? Difficile à dire. Les citoyens, qui possèdent généralement un solide bon sens, se font leur opinion et voteront en conséquence.

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