© INTERNEL'assemblée générale d'Attac, organisée samedi et dimanche dans l'université Rennes 2, devait marquer une "réconciliation" après des mois de querelles internes qui avaient entraîné un premier report du renouvellement de la direction, en décembre 2005. Las ! Si Jacques Nikonoff, à la tête d'Attac depuis 2002, a été reconduit dimanche par le Conseil d'administration de l'association altermondialiste, ses opposants, dont le porte-parole de Solidaires Pierre Khalfa et l'économiste Susan George, qui dénoncent des "anomalies électorales", ont refusé d'y siéger.
Nikonoff, à qui certains membres fondateurs de l'association reprochent depuis plusieurs mois un "style de direction" trop "buraucratique et autoritaire", a été réélu pour trois ans par 22 des 42 membres du Conseil d'administration. Mais le score est contesté : samedi après-midi, les opposants, qui défendaient pour leur part la candidature de l'économiste Jacques Cossart, ont assuré que "des enveloppes des votes reçues au siège d'Attac ont été ouvertes et le décompte des voix a montré de fortes variations au détriment des listes soutenues par Susan George".
"Des anomalies liées à la charge de travail"
Jacques Nikonoff et le président d'honneur d'Attac, Bernard Cassen, ont reconnu des "anomalies lors du dépouillement, liées à la charge de travail, qui a été sous-estimée". Un des défenseurs de Nikonoff, Jacques Weber, a mis en garde contre "un éclatement de l'association devant le ridicule de cette situation". Mais la décision est prise pour les opposants : pas question de siéger au Conseil, avant les résultats d'enquêtes extérieures menées sur le vote des adhérents, qui sont environ 25.000 au total, soit 4.500 de moins qu'un an auparavant. Le président réélu d'Attac a accepté le principe de ces enquêtes.
"Cette réélection de M. Nikonoff n'a aucune légitimité dans la mesure où des anomalies sont apparues lors de l'élection du CA", a affirmé Pierre Khalfa qui demande la réunion d'une "nouvelle assemblée élective si des fraudes sont avérées". Les adhérents présents à Rennes ont plusieurs fois longuement applaudi Jacques Nikonoff, huant à l'opposé la plupart des interventions de ses opposants, accusés d'enliser l'association dans une bataille d'appareil.
Photo d'ouverture : archives
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