
L'ancien responsable du laboratoire de recherches d'EADS, Imad Lahoud, a été mis en examen vendredi par les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons pour "dénonciation calomnieuse" et "faux et usage de faux" dans l'affaire Clearstream. Arrivé vers 11H30 au pôle financier du palais de justice de Paris, après 48 heures de garde à vue à la Division nationale des investigations financières, il est entré dans le cabinet du juge d'Huy peu avant 15H30. Un représentant du parquet était présent lors de l'interrogatoire. Les magistrats instructeurs ont saisi le juge des libertés et de la détention qui doit se prononcer dans la soirée sur une éventuelle incarcération.
Imad Lahoud est soupçonné d'avoir falsifié des listings Clearstream en y introduisant des noms de personnalités industrielles et politiques, dont Nicolas Sarkozy, qui auraient prétendument touché de l'argent dans l'affaire des frégates de Taïwan. Il nie toute implication dans ce dossier (voir la vidéo de Christophe Moulin "Lahoud nie en bloc"). Il a pourtant été désigné vendredi comme le falsificateur par l'ex-informaticien Florian Bourges qui s'exprimait lors d'une conférence de presse.
Florian Bourges "authentifie" ses fichiers
Florian Bourges, qui s'identifie comme la mystérieuse "source" des falsificateurs de l'affaire Clearstream, est en effet sorti du silence, complétant le tableau esquissé fin avril avec la publication dans la presse du témoignage du général Philippe Rondot. "Je peux authentifier que ce sont mes fichiers", a dit l'ex-informaticien à la presse, qui ont été "utilisés" pour confectionner des faux envoyés à la justice, avec des noms ajoutés, dont celui de Nicolas Sarkozy. "Je sentais que cela s'approchait de moi, je devais donc parler", a-t-il expliqué pour justifier son intervention aux côtés du journaliste Denis Robert, dont le dernier ouvrage "Clearstream, l'enquête" livre le nom de Florian Bourges.
Entendu mercredi par les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons en charge de l'affaire Clearstream, Florian Bourges a remis les originaux de ses fichiers à la police. "Ces fichiers, je les ai donnés à Imad Lahoud en septembre 2003", a-t-il dit vendredi à la presse, désignant l'ancien courtier comme le falsificateur.
Image LCI. L'arrivée d'Imad Lahoud au palais de justice, vendredi.
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