© INTERNEAssouplie de-ci de-là mais adoptée. Le projet de loi de Nicolas Sarkozy sur l'immigration prônant une "d'immigration choisie" abroge la régularisation de plein droit des clandestins présents sur le territoire depuis plus de 10 ans. Il durcit la procédure du regroupement familial, désormais lié à des conditions de ressources et de logement, et porte de deux à trois ans le délai d'attribution au conjoint de Français de la carte de résident de dix ans.
Les sénateurs se sont employés tout au long de la discussion qui a duré deux semaines à "humaniser" les dispositions les plus controversées du projet de loi et à en renforcer le volet consacré au co-développement. Ils ont assoupli le dispositif conditionnant la délivrance d'un titre de séjour à l'obtention d'un visa de longue durée. Par dérogation, le conjoint étranger d'un ressortissant français ayant contracté mariage en France ne sera pas obligé de retourner dans son pays d'origine pour obtenir ce visa si son entrée sur le territoire a été régulière et s'il peut justifier de six mois de vie commune en France. Un amendement permettant à un parent d'un mineur étranger malade soigné en France d'obtenir "à titre humanitaire" une autorisation de séjour de six mois maximum a également été voté. Des mesures faciliteant l'entrée en France des étrangers ayant effectué leur scolarité dans un lycée français à l'étranger ont été prises.
Développement
Les sénateurs se sont en outre appliqués à donner un contenu concret à la volonté affichée par Nicolas Sarkozy d'inscrire sa politique de l'immigration "dans une vraie stratégie de co-développement". Ils ont adopté un article additionnel qui permettra aux travailleurs originaires de pays en voie de développement de placer leur épargne sur un compte bloqué. Les sommes investies sur ce "compte épargne co-développement" seront déductibles du revenu imposable à concurrence de 25%, et ne seront débloquées "que si l'épargnant justifie d'un investissement dans les pays en voie de développement".
En outre, l'attribution de la carte de séjour "compétences et talents", destinée à recruter des élites, sera subordonnée à un accord de partenariat avec le pays d'origine pour les ressortissants d'une cinquantaine de pays en développement les plus pauvres. Ces corrections à la marge d'un texte visant, selon Nicolas Sarkozy, à "rompre avec des décennies de faux-semblants" n'ont en rien entamé la détermination de la gauche à voter contre chacune de ses dispositions.
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