
Tribune dans Le Monde mardi après-midi, interview au 20h de TF1 mercredi... Avant la trêve estivale, Lionel Jospin se rappelle au bon souvenir de ses amis et rivaux socialistes. Il rompt le silence pour donner une feuille de route au PS. Comme à son habitude, le ton est sérieux. "Le jeu des personnes ne doit pas dissimuler les enjeux de fond (...) Notre pays n'est pas en déclin. Il est en crise, et cette crise est profonde. Il dispose de nombreux atouts mais il traverse une dépression, nourrie depuis 2002 par une présidence sans vision, une politique à contresens et deux gouvernements divisés et impopulaires".
Ainsi, pour l'ancien Premier ministre, "la France ne peut pas s'offrir sans risque un nouveau rendez-vous manqué avec le peuple". Si sa tribune s'intitule "Mai 2007", il ne dit mot de ses désirs et ambitions. Il préfère dessiner le "bon" profil du candidat qui portera les couleurs socialistes dans dix mois : "le plus capable de réunir les hommes et les femmes nécessaires pour gouverner avec succès, de rassembler la gauche, d'obtenir la confiance des Français, puis, pendant cinq ans, de diriger l'Etat républicain et de mobiliser la société".
Ce retour sur la scène médiatique de Lionel Jospin ne pourra que réjouir ses proches qui apprécient peu l'irrésistible ascension de Ségolène Royal. "La situation ne nous plaît pas", confie ainsi au Monde l'ancien ministre de l'Intérieur Daniel Vaillant. De son côté, la présidente de la région Poitou-Charentes n'a pas hésité à se démarquer au mois de mai de l'ancien Premier ministre : "Mon projet sera socialiste" avait-elle proclamé dans le Pas-de-Calais, en référence à une phrase maladroite de Lionel Jospin durant la campagne de 2002.
Réactions de députés mardi dans les couloirs de l'Assemblée nationale à la tribune de Lionel Jospin :
- Arnaud Montebourg (PS): la tribune de Lionel Jospin dans Le Monde est "un apport constructif à la réflexion des socialistes pour l'avenir". Il a vu un Jospin "disponible et rassembleur", lors de sa rencontre jeudi dernier avec l'ancien Premier ministre.
- Maurice Leroy (UDF) : "Lionel Jospin rame terriblement. J'ai longtemps cru qu'il était un candidat crédible car c'est un homme d'Etat indéniablement. Mais en voyant le nombre de soutiens se lancer derrière Ségolène Royal, je pense qu'il n'est plus un recours. Si Ségolène Royal échouait, François Hollande est le candidat légitime car c'est le chef du parti".
- Jean-Marie Le Guen (strauss-kahnien): "Lionel Jospin en appelle à plus de clarté auprès des socialistes et il a raison, mais lui-même n'est pas extrêmement clair et j'ai donc peur qu'il rajoute un peu à la confusion. Il cultive lui-même l'ambiguïté".
- François Loncle (fabiusien) : "Cela concourt à la réflexion de la gauche. Il a des capacités d'homme d'Etat, il est avec Laurent Fabius celui qui a le plus la capacité d'occuper la fonction qui sera briguée en 2007. Quand quelqu'un de ce niveau s'exprime, la gauche est toujours gagnante. Je respecte la démarche de Lionel Jospin, ce qui ne m'empêche pas de souhaiter que Laurent Fabius soit notre candidat".
(Lionel Jospin/archives/DR)
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