© INTERNELors de ses aveux, elle avait raconté avoir eu une pulsion, une pulsion déclenchée à la vue de sa fille de 7 ans jouant avec un fil de laine pour s'en faire un collier, une pulsion menant à la mort de la petite Cady. C'était en octobre 2003 dans un parc de La Courneuve, en Seine-Saint-Denis.
Eva Martinet, 30 ans, comparaît depuis mardi et jusqu' à vendredi devant la cour d'assises de Bobigny. Quinze jours après la découverte du corps de la fillette sous des taillis, la jeune femme avait avoué les faits. Lors de sa garde à vue, très affectée par une rupture récente, elle avait expliqué son geste par des "difficultés d'ordre sentimental et relationnel" et son incapacité "à rendre heureuse sa fille".
"Marre de la vie"
Depuis son retour du Burkina Faso en 1996, Eva Martinet, née au Mali d'une liaison illégitime entre un fonctionnaire français et sa gouvernante malienne, élevait seule sa fille, malgré des problèmes d'argent. Selon les témoignages de son entourage et de la directrice d'école de la fillette, la jeune femme semblait avoir du mal à affirmer son autorité sur Cady, une enfant extravertie, gaie et turbulente, née d'une liaison avec un ami musicien. Cady avait été reconnue quelques années plus tard par un autre homme, dont Eva Martinet était depuis séparée.
Lors de ses premiers interrogatoires, la jeune femme avait expliqué en avoir "marre de la vie", "ne pas pouvoir offrir à (sa) fille un avenir décent". Elle ajoutait que Cady était "difficile" et confiait que tous les hommes qu'elle rencontrait la "quittaient".
Sa "grande souffrance"
Le matin du drame, elle s'est longuement entretenue avec son petit ami, dont elle était séparée depuis quinze jours. Elle avait aussi appelé des voyants pour les consulter sur son avenir sentimental, selon un enquêteur. Un expert a souligné la "détresse existentielle" de la jeune femme au moment du drame, qui expliquerait son geste, sans altérer toutefois sa responsabilité pénale. Eva Martinet encourt trente ans de réclusion criminelle.
Selon une source proche de l'enquête, elle a expliqué avoir voulu "nuire à la mère qui était en elle", "culpabilisant de ne pas être une bonne mère". Détenue à Fleury-Mérogis (Essonne), l'accusée est suivie une fois par mois par un psychiatre, mais "pas autant qu'elle le voudrait", selon Me William Bourdon qui insiste sur la "grande souffrance" de sa cliente. Pour son avocat, Eva Martinet est "dans un processus de quête de vérité très fort" pour comprendre pourquoi elle a tué "l'être qu'elle aimait le plus au monde". "Il faut souhaiter que le procès soit l'aboutissement de ce processus", ajoute-t-il.
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