
Richard Makela, alias Monsieur R., va connaître ce lundi l'épilogue de son procès devant le tribunal de Melun pour "diffusion de message violent, pornographique ou contraire à la dignité, accessible à un mineur". Il avait comparu le mois dernier à la suite d'une citation directe du député UMP des Pyrénées-Orientales Daniel Mach. En cause : une chanson du rappeur intitulée "FranSSe", et qui faisait, selon l'élu, outrage aux bonnes moeurs. Le texte de la chanson incriminée, issue de l'album "Politikment Incorrekt", sorti à l'été 2005, dit notamment : "La France est une garce, n'oublie pas de la baiser jusqu'à l'épuiser, comme une salope faut la traiter, mec". Et, plus loin : "Je pisse sur Napoléon et le général de Gaulle". Le clip l'illustrant montrait des femmes poitrines nues dans des attitudes lascives, et des images mettant en cause la politique française dans les ex-colonies et dans les banlieues.
A l'audience du 29 mai, Me Corine Sarfati, avocate de M. Mach, s'était défendue de vouloir faire "le procès du rap et des rappeurs", avançant ne vouloir que protéger les mineurs, destinataires privilégiés, selon elle, de la chanson du rappeur. "Quand on veut combattre les inégalités sociales, une colonisation mal digérée, il faut se lever pour le dire. En quoi la diffusion des idées de M. Makela nécessite-t-elle trois minutes d'images de femmes nues se livrant à des scènes à caractère sexuel ?", s'était-elle interrogée.
L'exemple de Brassens
"En tant qu'artiste, j'utilise des métaphores", s'était défendu le rappeur belge, domicilié à Combs-la-Ville (Seine-et-Marne). "Quand Brassens dit, 'J'aime les gendarmes sous forme de macchabée', ça n'en fait pas un tueur de gendarmes", avait-il poursuivi, avant de conclure : "J'espère que la liberté d'expression vaincra et que les artistes se sentiront libres d'écrire leurs textes, parfois violents c'est vrai, mais la vie des cités est violente".
Selon son avocat, Me Dominique Tricaud, "Monsieur R. nous dit que 'la France est une mère indigne qui a laissé ses enfants sur le trottoir', et c'est tout naturellement que ces propos sont illustrés par des images de femmes indignes". Pour Me Tricaud, qui a défendu une dizaine de rappeurs dans des affaires similaires, "toutes les chansons engagées depuis 150 ans utilisent les mêmes métaphores, mais on l'accepte de moins en moins".
(Photo : Richard Maleka à son arrivée au tribunal de Melun lundi/TF1/LCI)
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