© INTERNELe procès des responsables du centre équestre de Lescheraines, où 8 jeunes gens ont trouvé la mort le 5 août 2004 dans un incendie accidentel, s'est achevé samedi par les plaidoiries de la défense et le jugement a été mis en délibéré au 22 septembre. Me François Cochet, avocat de Michel Hinniger, a rappelé que "les détecteurs de fumée (n'étaient) pas obligatoires". "C'est peut-être regrettable mais c'est la législation", a déclaré François Cochet tout en reconnaissant que la présence d'une alarme sonore était, elle, obligatoire. Cela "n'aurait rien changé dans le déroulement de l'incendie", a néanmoins estimé l'avocat.
Vendredi soir, le procureur de la République de Chambéry, Mme Caroline Gontran, avait réclamé une peine de 3 ans de prison, dont 15 mois ferme, avec une interdiction professionnelle contre Michel Hinniger, 53 ans, propriétaire du centre, et une peine de 1 an avec sursis contre Mme Laure Hinniger, 36 ans, l'exploitante de l'établissement. Le procureur avait aussi réclamé une peine de 12 mois de prison avec sursis contre Mme Laure Hinniger, 36 ans, l'exploitante du centre qui vit séparée de son époux depuis le drame.
Pas de stèle à la mémoire des victimes "pour des raisons de sécurité"
"M. Hinniger n'a cessé de se soustraire à ses obligations, car il ne veut pas être enquiquiné par les contrôles", avait estimé Mme Gontran, qui relevant "des manquements au code de l'urbanisme, au code de la construction et au règlement sur la sécurité". Selon elle, le gîte - créé en 1986 - n'avait pas fait l'objet d'un permis de construire et les matériaux utilisés n'étaient pas suffisamment résistants au feu. Le procureur a notamment cité les cloisons qui ne faisaient que 27 mm d'épaisseur, alors que 60 mm auraient été nécessaires. "Les manquements ou les omissions (du couple Hinniger) ont conduit à la réalisation du dommage", avait-elle estimé, en demandant que la peine de M. Hinniger soit assortie d'une interdiction définitive d'exercer la protection de loueur d'équidés ou d'organisateur de promenades à cheval.
Vendredi, Michel Hinniger a soulevé l'indignation des parties civiles, en affirmant que c'était "pour des raisons de sécurité, pour ne pas gêner la circulation des véhicules de secours" qu'il avait refusé de céder un morceau de son terrain pour l'implantation d'une stèle à la mémoire des victimes.
Photo d'ouverture : le centre équestre de Lescheraines après l'incendie - archives
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