© INTERNEPrès de deux ans après l'incendie accidentel du centre équestre de Lescheraines, en Savoie, qui avait fait 8 morts, son propriétaire Michel Hinniger et son épouse Laure, comparaissent à partir de ce jeudi devant le tribunal correctionnel de Chambéry.
Le procès devrait se dérouler dans une ambiance particulièrement pesante en raison de la décision de Michel Hinniger, 53 ans, et de Laure, 38 ans, de relancer l'activité du centre équestre depuis le drame. "J'en ai besoin pour vivre", s'est justifié Michel Hinniger devant la presse. Une pétition des habitants de Lescheraines réclamant la poursuite de l'activité du centre a par ailleurs été mal supportée par les familles des victimes.
Cinq ans de prison
Le couple est poursuivi pour "homicides et blessures involontaires par violation manifestement délibérée d'une obligation particulière de sécurité ou de prudence imposée par la loi ou le règlement". Les mises en examen concernent le non respect du code de la construction et de l'habitation qui impose aux établissements de 5e catégorie ouverts au public la présence de détecteurs de fumée, d'une alarme sonore distincte du téléphone, et la construction de locaux avec des matériaux résistant au feu.
Les prévenus encourent une peine de 5 ans de prison et une amende de 75.000 euros. Le procès doit durer deux jours mais pourrait déborder sur la journée de samedi en raison du nombre important d'auditions de témoins, une trentaine, et la participation d'une quinzaine d'avocats.
Des causes jamais connues
Le 5 août 2004, cinq filles et deux garçons de 12 à 22 ans ainsi qu'une monitrice de 24 ans avaient péri dans l'incendie du centre équestre où ils étaient en stage. Seule une jeune femme de 22 ans était parvenue à s'enfuir à temps. Plusieurs hypothèses, comme celle d'un mégot ayant mis le feu à un matelas ou un court-circuit électrique, ont bien été avancées mais aucune d'elles n'a pu être confirmée. Après réception des dernières expertises, le parquet a indiqué que les causes de l'incendie ne seraient jamais connues car "tout (était) tellement calciné que les experts de la gendarmerie ne (pouvaient) déterminer l'origine précise du feu", a déclaré Mme Caroline Gontran, vice-procureur de la République à Chambéry.
Les parents des victimes insistent sur les violations des prescriptions techniques imposées par la loi. "Nos enfants n'avaient aucune chance de s'en sortir. Ce qui aurait dû être un petit incendie s'est transformé en drame", ont-ils estimé en souhaitant que le procès "aboutisse à des sanctions professionnelles", c'est-à-dire l'interdiction faite à Michel Hinniger d'exercer son métier.
D'après AFP
Image LCI. Archives. Incendie du centre équestre.
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