Martine Aubry contre la "société de la peur"

le 25 juin 2006 à 21h28 , mis à jour le 25 juin 2006 à 21h42

Invitée dimanche du Grand jury LCI-RTL-le Figaro, la maire PS de Lille a fustigé Nicolas Sarkozy qui "joue sur les peurs". Mais elle a aussi pris ses distances avec Ségolène Royal sur la notion d'"ordre juste" et sur l'idée de centres militarisés pour les jeunes délinquants.

TF1/LCI : Martine Aubry invitée dimanche du Grand jury LCI-RTL-le FigaroMartine Aubry invitée dimanche du Grand jury LCI-RTL-le Figaro © DR

Martine Aubry, maire PS de Lille, a estimé dimanche que "l'honneur de la politique ce n'est pas de plaire, c'est de porter un projet qui a des valeurs collectives et qui est cohérent". Assurant au Grand jury LCI-RTL-le Figaro qu'elle n'était "pas née pour être candidate" à la présidence de la République, "comme d'autres", elle a réaffirmé qu'elle n'excluait pas cependant d'être candidate à l'investiture.

"La France va mal, Sarkozy joue sur les peurs", a-t-elle noté. "Le problème n'est pas de savoir qui d'entre nous est le mieux placé" pour obtenir l'investiture du parti, mais "qui aujourd'hui peut dire aux Français : retrouvez-vous vous-mêmes, la France a d'énormes atouts, retrouvons cette France. Aujourd'hui démontrons aux Français que cette société de la peur, on peut la mettre de côté", a dit encore Martine Aubry, pour qui il faut "redonner confiance aux Français".

"Il n'y a pas d'ordre sans justice"

"De Gaulle et Mitterrand, ce n'était pas la démagogie, ce n'était pas plaire, passer la main dans le sens du poil", a-t-elle souligné, estimant qu'on a "besoin d'une France juste", où l'on "respecte les règles" et où l'on "fait preuve de solidarité". Prenant ses distances vis à vis de la formule d'"ordre juste" de Ségolène Royal, elle a estimé que "quand il y a la justice, l'ordre arrive", citant une phrase d'Albert Camus : "il n'y a pas d'ordre sans justice".

Elle s'est dite aussi en désaccord avec l'idée prônée par Ségolène Royal de centres militarisés pour les jeunes délinquants, parce que "l'armée n'a rien à voir là-dedans". En revanche, tout en étant hostile à la double peine, "totalement injuste", elle s'est accordée avec la présidente de Poitou-Charentes sur la possibilité de renvoyer chez eux des grands délinquants. "Quand on voit arriver des proxénètes avec des prostituées, qui viennent de réseaux africains ou autres, qui rentrent sur notre territoire pour mettre ces femmes sur la rue, ou pour organiser un réseau de deal, qu'ils soient renvoyés chez eux pour être jugés, bien évidemment !", a-t-elle déclaré.

Glavany critique la démocratie d'opinion

Tout en refusant d'incriminer directement Ségolène Royal, Jean Glavany, ancien ministre de Lionel Jospin, a vilipendé une démocratie d'opinion "fondée sur cette satanée notion de popularité qui emporte tout sur son passage et ne veut rien dire", lors du Forum Radio J. Il a dit, à l'inverse, privilégier la démocratie représentative, fondée "sur des démarches collectives, une intelligence collective, des projets, des réponses de fond". Alors même qu'aussi bien Nicolas Sarkozy que Ségolène Royal ont semblé aller ces derniers jours sur le terrain de l'adversaire, il a estimé que c'était "une faute stratégique majeure" de "confondre les genres et de brouiller les valeurs".

Photo d'ouverture : Martine Aubry invitée dimanche du Grand jury LCI-RTL-le Figaro - DR

le 25 juin 2006 à 21:28
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