
A l'approche de la fin de l'année scolaire, les opérations de parrainage d'enfants sans-papiers se multiplient, à l'initiative du Réseau éducation sans frontières et avec le soutien actif de la gauche. Une dizaine de parlementaires de gauche ont ainsi participé vendredi au Sénat à une cérémonie symbolique en faveur d'enfants menacés d'expulsion à partir du 30 juin. Jack Lang organise pour sa part, dimanche à Paris, une autre cérémonie de parrainage, d'une centaine d'enfants et de leurs parents, par des artistes et personnalités tels que Philippe Torreton, Josiane Balasko, Costa Gavras ou Georges Charpak.
Les parlementaires réunis au Sénat avec des familles africaines et asiatiques, accompagnées de jeunes enfants, ont reçu une "charte du parrain", par laquelle celui-ci s'engage à "apporter aide et protection à ce jeune". Cette cérémonie avait le soutien des députés et sénateurs PS Jack Lang, Julien Dray, David Assouline et Bariza Khiari, PCF Jack Ralite, Nicole Borvo, Hélène Luc, Jean-François Voguet et Roland Muzeau, et Verts Martine Billard, Dominique Voynet, Alima Boumediene-Thiery, Jean Desessard et Marie-Christine Blandin.
Six critères pour "réexaminer" la situation des familles
Selon les initiateurs, la fin de l'année scolaire, qui est aussi la fin du sursis accordé par le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy aux enfants sans-papiers scolarisés, ne doit pas conduire à une "chasse à l'enfant". Mais pour le ministre délégué à l'Aménagement du Territoire, Christian Estrosi, proche de Sarkozy, cette mobilisation relève d'une "manipulation". L'opposition, plaide-t-il, se mobilise contre une circulaire qui adoucit une législation sur les expulsions appliquée depuis des années, y compris sous les gouvernements socialistes. "M. Lang, quand il était ministre de l'Education, laissait appliquer cette loi", a-t-il précisé.
Nicolas Sarkozy a adressé mercredi une circulaire aux préfets les autorisant à "réexaminer" la situation des familles en situation irrégulière dont un enfant est scolarisé, si elles déclinent les propositions d'aide au retour, et sous six critères. Le premier critère est qu'"au moins un des parents" ait sa "résidence habituelle en France depuis au moins deux ans". Pour Jack Lang, "c'est précisément à cause de la mobilisation que Nicolas Sarkozy a décidé de ne plus expulser pendant l'année scolaire et c'est parce qu'on a fait pression qu'il a donné des instructions aux préfets".
Photo d'ouverture : archives
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