
Le procès de la catastrophe aérienne du mont Sainte-Odile, qui avait fait 87 morts le 20 janvier 1992, s'est achevé mardi devant le Tribunal correctionnel de Colmar. Le délibéré n'est pas attendu avant la mi-octobre. Pour les familles des victimes, l'arrogance des prévenus et le réquisitoire auquel ont abouti les débats ne passent pas. Alvaro Rendon, président d'ECHO, l'association de victimes et proches de victimes, réagit sur LCI.fr.
LCI.fr : Pour quelle raison votre association a-t-elle disposé ce mardi devant l'entrée du tribunal de Colmar des silhouettes sur lesquelles était inscrit "20 janvier 1992"?
Alvaro Rendon : C'est pour rappeler, à l'occasion de ce dernier jour du procès, que les 87 victimes du crash sont toujours là. C'est pour rappeler que nous nous battons pour elles et que nous voulons que des responsabilités pénales soient prononcées. C'est un message très fort qui a été plus ou moins apprécié par les prévenus. Mais su'elle autre chose pouvions-nous mettre en oeuvre, nous, familles de victimes, face aux lobbies d'Airbus et d'Air France et leurs avocats, leurs techniciens et leurs communiqués ?
LCI.fr : Vous êtes déçu du réquisitoire prononcé par le ministère public et qui demande des relaxes ou, au mieux, des peines avec sursis à l'encontre des prévenus ?
A.R. : D'abord, il faut reconnaître à la justice que malgré le grand déséquilibre des forces, les débats ont été menés de façon contradictoire. Mais Il est vrai que l'on pouvait espérer des peines plus fortes pour que les prévenus aient un peu moins d'arrogance. Pas une seule fois il n'y a eu le moindre regret ni la moindre remise en cause. Notre exigence est que les choses ne se reproduisent plus d'une telle manière.
LCI.fr : L'avocat de la direction générale de l'aviation civile (DGAC) a demandé lundi au tribunal de se déclarer incompétent, estimant que la catastrophe aérienne du Mont Sainte-Odile ne relevait pas de la justice pénale...
A.R. : c'est complètement écoeurant. Ils ont faits des fautes, ils ont des responsabilités. C'est le droit le plus inaliénable de toutes les victimes de les voir traduit au pénal. C'est impossible autrement. Comment voulez-vous faire le deuil sans cela ?
LCI.fr : Le jugement est attendu le 7 novembre, que comptez-vous faire d'ici là ?
A.R : Il y a eu une faille dans l'instruction, qui a tout fait pour détourner la question des secours (ndlr : ils ont mis quatre heures pour retrouver les rescapés). Résultat, ils étaient absents de ce procès. C'est inadmissible. C'est comme si on faisait le procès d'un avion sans passager. ECHO va tout faire pour ramener cette question sur la place publique. Pour cela, nous n'avons qu'un moyen : l'enquête parlementaire. Nous nous sommes faits la promesse que notre prochain acte, notre prochaine bataille, serait celle-là.
Photo : les familles des victimes lors du procès à Colmar (DR)
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