© INTERNE"Cette affaire montre un vrai problème que nous ne nions pas", a reconnu l'entourage de Gilles de Robien, ministre de l'Education nationale samedi. La veille, le tribunal administratif de Clermont-Ferrand, saisi par un élève qui avait obtenu un 6 à l'épreuve de philosophie du baccalauréat, a reconnu la faute de l'administration.
Le jeune homme, qui n'est autre que le neveu de Michel Charasse, l'ancien ministre de François Mitterrand, estimait en effet avoir été "victime de l'inaction des responsables de l'administration" de son établissement face à "l'attitude irresponsable du professeur de philosophie" de sa classe. Il dénonçait "les absences répétées et parfois imprévues" de l'enseignant, "son manque de rigueur" et "ses carences pédagogiques".
Changement d'orientation
Résultat : 6 en Philo, ce qui ne l'avait pas empêché d'obtenir son bac avec mention très bien. Mais l'élève s'était vu fermer la porte de Sciences-po qui exige pour les "mentions très bien", dispensés de concours d'entrée, de bons résultats dans les matières littéraires. Au lieu d'intégrer Sciences po, le lycéen s'était inscrit en droit...
"Nous devions étudier douze thèmes pour être prêts au bac et nous n'en avons abordé que quatre, dont deux très partiellement", avait expliqué Jérôme Charasse pour justifier la procédure lancée contre l'Etat. "A partir de mars, il ne venait quasiment plus en cours". "Je ne fais pas de reproches spécifiquement au professeur mais à sa hiérarchie qui n'a pas su pallier ses absences répétées", avait-il souligné : "je me satisfais d'une condamnation de principe de l'administration, le préjudice ne m'intéresse pas". Jérôme Charasse ne veut pourtant pas pavoiser après sa victoire judiciaire : contactée par lci.fr après la décision du tribunal administratif de Clermont-Ferrand, la mère du jeune homme a déclaré que celui-ci ne souhaitait pas s'exprimer.
L'Etat pourrait faire appel
"Le tribunal a considéré qu'il y avait une faute de l'administration, donc nous donne raison sur le principe de la responsabilité et m'alloue une partie des dommages et intérêts que je sollicitais", a indiqué pour sa part l'avocat du jeune homme, Me Gilles-Jean Portejoie. Il avait réclamé à l'audience du 1er juin la somme de 169.000 euros en réparation du préjudice matériel et moral de son client. Le montant des indemnités sera connu lundi. Le tribunal administratif a indiqué pour sa part avoir donné "satisfaction partielle" au requérant, sans plus de précision.
Le ministère de l'Education n'exclut pas de faire appel devant le Conseil d'Etat, sous réserve d'un examen des attendus du jugement, a dit l'entourage de Gilles de Robien. Depuis la dernière rentrée, les absences de moins de 15 jours peuvent désormais être remplacées par des interventions d'autres enseignants du même établissement, assure-t-on au cabinet de Gilles de Robien.
Photo d'ouverture : archives
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