© INTERNELe procureur de la République de Compiègne est formel : l'individu arrêté dimanche a tiré "pour tuer". Selon les premiers éléments de l'enquête et ses déclarations, le tireur présumé circulait au volant de sa voiture, muni d'une carabine 22 long rifle, avec canon et crosse sciés et lunette de visée. Arrivé vers 15H30 dans le quartier sensible de Royallieu, il a fait feu une première fois sur une petit groupe de jeunes noirs. L'un d'eux, âgé de 20 ans, a été touché à l'épaule droite, une blessure entraînant 5 jours d'incapacité totale de travail.
L'homme a poursuivi sa route vers un autre quartier, où il aurait tiré en direction, mais sans les atteindre, d'un autre groupe d'enfants de couleur, puis d'un cycliste noir et d'un automobiliste qui avait décidé de le prendre en chasse. Plus tard, dans le quartier des Jardins, il a visé cette fois un homme noir qui sortait d'un bar. Atteint à l'épaule, la victime, âgée de 30 ans, s'est vu prescrire 45 jours d'arrêt. Le tireur aurait également fait usage de son arme une dernière fois, en visant sans l'atteindre un autre homme noir qui s'était également lancé à sa poursuite.
"Il est parti en croisade"
L'individu, âgé de 35 ans, a finalement été arrêté "sans difficulté" vers 17 heures, à Rémy, près de Compiègne, par les policiers mobilisés avec les gendarmes dans le cadre d'un plan épervier pour le rechercher. Selon le procureur "il a tiré pour tuer, en visant à hauteur de thorax". Dans sa voiture, les policiers ont retrouvé une centaine de cartouches, dont 14 percutées.
"Il est focalisé sur les étrangers comme étant responsables de tous les maux. Il est parti en croisade. Ses motivations sont d'ordre racial. Il a expliqué son geste par une rancoeur envers les étrangers, les Maghrébins et les noirs", a ajouté le procureur.
Récidiviste
Lors de sa garde à vue, il a reconnu avoir tiré en mars à Compiègne sur deux personnes maghrébines : une femme, qui avait été légèrement blessée par des éclats d'une vitre de sa voiture, et une homme qui n'avait pas été touché. Père de deux enfants de 10 et 14 ans, l'homme était sans travail et vivait seul dans une caravane près de Compiègne.
Il devait être mis en examen cet après-midi mardi pour "tentatives d'homicide volontaire aggravées, commises en raison de l'appartenance vraie ou supposée de la victime à une race ou une religion", a indiqué le procureur.
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