© INTERNEA l'énoncé du verdict, l'accusé n'a manifesté aucune émotion. La cour d'assises d'appel de Paris a confirmé mardi le verdict prononcé contre Emile Louis en 2004 dans l'affaire des disparues de l'Yonne, en le condamnant à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une période de sûreté de 18 ans.
L'ancien chauffeur de car, âgé de 72 ans, a décidé de se pourvoir immédiatement en cassation, a indiqué un de ses deux avocats, Me Alain Thuault. "C'est une vérité judiciaire, ce n'est pas la vérité d'Emile Louis", a-t-il déclaré. Les jurés l'ont reconnu coupable de sept assassinats, suivant les réquisitions, après neuf heures de délibérations.
"Elles sont enfin reconnues comme des être humains"
L'avocat des familles des victimes, Me Didier Seban, a salué "l'aboutissement d'un beau combat. Les disparues de l'Yonne ont ce soir une sépulture. Elles sont enfin reconnues comme des êtres humains. C'est un grand jour pour les familles, le point final d'un combat de onze années", depuis le dépôt de la première plainte en 1995 qui avait relancé l'enquête sur les disparues de l'Yonne.
Les sept jeunes femmes victimes - Françoise et Bernadette Lemoine, Chantal Gras, Jacqueline Weis, Madeleine Dejust, Martine Renault et Christine Marlot - étaient âgées de 15 à 25 ans. Pupilles de la Ddass, déficientes mentales légères, elles avaient disparu dans la région d'Auxerre entre 1975 et 1979. La plupart avait fréquenté le bus scolaire conduit par Emile Louis, l'une avait été sa maîtresse et une autre avait été placée dans la famille d'Emile Louis.
"Je suis bien contente que ça soit fini", a dit, très émue, la mère d'une disparue, Gisèle Gras. "On est soulagé, c'est quelqu'un qui ne hantera plus nos nuits, qui va enfin payer pour le mal qu'il a fait", a ajouté Jean-Pierre Weis, frère de Jacqueline Weis.
"Je n'ai jamais commis aucun crime de ma vie"
Le président de l'Association de défense des handicapés de l'Yonne (ADHY), à l'origine de la plainte, Pierre Monnoir, "pense qu'Emile Louis ne nuira plus" après ce verdict, qui suit une condamnation en appel à trente ans de réclusion, en octobre 2005 dans le Var, pour des viols avec tortures sur sa seconde épouse et des agressions sexuelles sur sa belle-fille.
Comme il l'a fait depuis le début de son procès en appel, le 6 juin, Emile Louis a clamé son innocence mardi matin lorsque le président Yves Jacob lui a donné la parole en dernier, comme l'exige la loi. "Monsieur le président, je reconnais les fautes du passé, je l'admets, mais ce n'est pas pour ça que je suis devenu un assassin. Je n'ai jamais commis aucun crime de ma vie. Merci", avait-il déclaré.
Emile Louis avait avoué les faits en garde à vue en décembre 2000 et, sur ses indications, deux corps avaient été retrouvés. Il s'est ensuite rétracté et n'a cessé depuis de clamer son innocence. Au cours des débats en appel, il a regretté des attouchements commis dans les années 80 sur des enfants, pour lesquels il a été condamné à deux reprises par le tribunal correctionnel. Mais il a nié tout assassinat. (D'après AFP)
Image LCI. Emile Louis, archives.
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