Perpétuité requise contre Emile Louis

le 26 juin 2006 à 20h11 , mis à jour le 26 juin 2006 à 20h12

La réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté de 18 ans a été requise lundi contre Emile Louis, jugé en appel par la Cour d'Assises de Paris pour l'assassinat de sept jeunes femmes dans l'Yonne à la fin des années 1970. Verdict attendu ce mardi.

emile louis proces draguignan © INTERNE

Le verdict de la cour d'assises de Paris doit être rendu ce mardi. En première instance en 2004, Emile Louis avait été condamné à la perpétuité avec 18 ans de sûreté par les assises de l'Yonne pour l'assassinat de sept jeunes femmes à la fin des années 1970. Sans surprise, l'avocat général Philippe Bilger a demandé lundi aux jurés de confirmer cette peine maximale. Il a présenté l'accusé comme "un tueur en série, un criminel, un malade, un malade criminel".

Emile Louis a avoué en garde à vue, en décembre 2000, sept assassinats de jeunes femmes âgées de 15 à 25 ans et disparues dans la région d'Auxerre entre 1975 et 1979. Sur ses indications, deux corps ont été retrouvés. Il s'est ensuite rétracté et n'a cessé de clamer son innocence. Il a expliqué avoir "raconté n'importe quoi" en garde à vue, pensant que les faits étaient prescrits. L'avocat général s'est longuement appuyé sur ces aveux "véridiques, intégraux et complets, résultats d'une conscience qui avait besoin de se libérer et de la certitude d'échapper à la justice". En outre, les deux corps exhumés ont "confirmé la validité de ses aveux", a insisté Philippe Bilger.

Emile Louis "a cru qu'il dominerait la justice"

"C'est vrai qu'Emile Louis fait figure de coupable idéal, a expliqué un de ses deux avocats, Me Alain Fraitag, c'est vrai que sa personnalité n'est pas très reluisante" mais "cela n'en fait pas pour autant un assassin". Son confrère Alain Thuault a reconnu que son client s'était "comporté effectivement de manière très maladroite", notamment en garde à vue, mais "un innocent est maladroit, un coupable est très retors". Mis à part des aveux, "uniques fers de lance de l'accusation", "il y a très peu de choses dans le dossier qui permettent de vous convaincre scientifiquement, objectivement de la culpabilité de mon client", a-t-il dit à l'adresse des jurés.

"Rien dans le dossier", que Me Fraitag a jugé "tordu, mal fichu", "n'atteste la préméditation", a insisté l'avocat, alors qu'au contraire l'accusation a voulu mettre en évidence "l'organisation cohérente" des crimes d'Emile Louis. Son activité de chauffeur de bus permettait à Emile Louis "d'être en rapport avec des jeunes femmes", a expliqué l'avocat général Bilger. Les disparues, enfants de la Ddass et déficientes mentales légères, fréquentaient son bus des "Rapides de Bourgogne" et "il y avait là un formidable vivier pour ses appétences criminelles".

En pensant à la douleur des familles des victimes, l'avocat général a dénoncé "l'incurie administrative", "l'indifférence" de la justice, qui ont laissé ces disparitions dans l'oubli des années durant. Mais "est-ce parce que la justice a failli qu'il faut qu'Emile Louis paye ?" a interrogé Me Thuault qui a demandé aux jurés que son client bénéficie de "l'immense doute" entourant sa culpabilité. Emile Louis "a cru qu'il dominerait la justice, je vous demande demain de lui dire qu'au final, c'est la justice qui l'aura!", a conclu au contraire l'avocat général.

                                                                      D'après AFP

Image LCI. Emile Louis, archives.

le 26 juin 2006 à 20:11
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