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Pot belge : Roux décrit un dopage généralisé


le 19 juin 2006 à 17h06
Temps de lecture
3min
Laurent Roux lors de son procès cyclisme dopage
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SociétéCoureur cycliste professionnel de 1994 à 2003, Laurent Roux, jugé à Bordeaux dans une affaire de trafic de "pot belge", a décrit lundi à l'audience une pratique de dopage généralisée dans le peloton à son époque.

"Erythropoïétine (EPO), hormones de croissance, cortisone... J'ai pris toutes les choses basiques qui se faisaient à cette époque-là", a déclaré Laurent Roux, 33 ans, au premier jour d'audience de son procès au tribunal correctionnel de Bordeaux. "Tout le monde prenait au moins cela". "Les plus grands prenaient des choses que je n'avais pas les moyens de me payer.  Ils se faisaient d'autres choses, comme l'hémoglobine de synthèse, les transfusions sanguines, auxquelles je n'ai pas pu avoir accès", a ajouté le coureur, décrivant ainsi un système de dopage à deux vitesses.

Laurent Roux a remporté notamment le Tour de l'Avenir (1997), porté le maillot de leader du Giro (1998), et enlevé le Trophée des Grimpeurs (1999). Interrogé par  l'avocat de la Fédération française de cyclisme (FFC) pour savoir s'il était  "Dopé ? Pas dopé ?" à l'époque de ces faits d'armes, l'ex-coureur a répondu par l'affirmative. L'ancien pro a raconté comment dans le peloton français "tout le monde a passé un cap" en matière de dopage vers le milieu des années 1990, conséquence d'"une  énorme pression" notamment des directeurs sportifs, des sponsors, face aux meilleurs résultats des coureurs étrangers.

"Que ce procès serve à quelque chose"

Laurent Roux est jugé dans le cadre d'un trafic de "pot belge", cocktail  d'amphétamines et de produits dopants, une affaire postérieure et touchant plutôt les milieux du cyclisme amateur, alors que lui-même était tombé dans un état dépressif, dû selon lui à la fin brutale de sa carrière, à la suite de deux contrôles positifs (1999 puis 2002) et de suspensions.

Jugé avec son jeune frère Fabien, cycliste de moindre niveau accusé d'un  rôle dans le trafic, Roux a raconté son glissement dans la dépendance au "pot  belge", avec plusieurs injections par jour alors qu'il ne courait plus. Il a dit  avoir tenté alors de combattre la dépression, et le choc de passer de revenus mensuels de 80.000 francs (environ 12.200 euros) à 8000 francs (1200 euros). "On va dire que Roux c'est un fou, un cas à part", a déclaré à la presse  l'ancien coureur après l'audience. "Mais si on veut réellement en France régler  le problème du dopage, il faut écouter ce que disent les coureurs cyclistes".  "Je me retrouve devant un tribunal pour dire cela, tant pis si je dois servir  d'exemple, mais que ce procès serve à quelque chose".

Au total, vingt-trois prévenus sont poursuivis dans  cette affaire pour "offre de produit dopant" et pour  "infraction à la législation sur les stupéfiants".

Photo : Laurent Roux à l'issue de son audition (DR)

Commenter cet article

  • Laurent : Il est courageux ce cycliste, c'est bien; mais il n'est pas le 1er à dire ce que tout le monde pensait, à savoir que le dopage est généralisé dans le cyclisme professionnel. Maintenant, la vraie question est de savoir pourquoi cela continue, pourquoi la fédération ne fait rien, ou si elle fait sans résultat, pourquoi elle n'annule pas le Tour de France, dont le prestige est plus que sali dans cette affaire. Le Ministre des Sports doit statuer et intervenir de la manière la plus ferme et le plus impitoyable dans ce dossier; accepter le dopage, c'est accepter la tricherie et se deshonorer soi-même.

    Le 19/06/2006 à 19h33
  • Pascal : Le dopage un secret de polichinnelle,tout le monde sait se qui se passe dans le cyclime et aussi dans les autres sports, mais pour satisfaire les sponsors et les directeurs sportifs on ferme les yeux tant qu'on ne se fait pas prendre meme dans les federations. encore une foie un sportif que l'on va traiter pour un moin que rien et de tricheur,mais ou sont ce qui font le plus de profit avec le dopage, certainement pas à la barre ils sont encore bien protégé meme par la justice.

    Le 19/06/2006 à 19h29
  • Julie : Dopage dans le velo ? Oh, ben pour un scoop c'est un scoop.

    Le 19/06/2006 à 19h15
  • Hocine : Le dopage est généralisé dans le sport.Pourquoi les journalistes se taisent?Pourquoi refuser les tests sanguins dans le foot-ball?Regarder dans l'état qu'ils sont quand ils marquent un but!Ils deviennent fous!!!Le dopage c'est la MORT!

    Le 19/06/2006 à 18h51
  • Bob : Heureusement qu'ils sont là les cyclistes et leurs histoires de dopage car ils sont l'arbre qui cache la forêt ! la performance demandée a tous les sportif de tous les sports et le pouvoir de l'argent ne peut que conduire au dopage...

    Le 19/06/2006 à 18h20
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