
C'est un lourd revers pour les militants anti-OGM qui avaient parlé de "première victoire des faucheurs volontaires devant les tribunaux" en première instance... La cour d'appel d'Orléans a condamné ce mardi 49 accusés anti-OGM qui avaient été relaxés en première instance pour avoir fauché des parcelles de maïs génétiquement modifié dans le Loiret en 2004 et 2005.
La cour d'appel a même condamné à de la prison ferme l'un des 49 accusés : Jean-Emile Sanchez écope de deux mois ferme. L'avocate générale avait requis quatre mois ferme à l'encontre de cet ancien porte-parole de la Confédération paysanne, relaxé en première instance mais déjà condamné dans deux affaires similaires.
Jean-Emile Sanchez a aussitôt qualifié l'arrêt de "décision politique", promettant de continuer "notre combat sous toutes ses formes (...) Puisque c'est une réponse politique, nous allons exiger des décisions politiques". Il a indiqué qu'il prévoyait de se pourvoir en cassation. Jean-Emile Sanchez a souligné qu'il était le second "faucheur volontaire" condamné à une peine de prison ferme, après José Bové, condamné à 4 mois de prison ferme le 15 novembre 2005 à Toulouse.
L'état de nécessité refusé
La cour d'appel a également condamné à deux mois de prison avec sursis 48 autres "faucheurs volontaires", dont deux élus Verts, Francine Bavay (vice-présidente de la région Ile-de-France) et Yves Contassot (adjoint au maire de Paris, chargé de l'environnement). Des peines de quatre mois de prison avec sursis à quatre mois ferme avaient été requises à l'encontre des "faucheurs volontaires" pour "dégradation grave du bien d'autrui commise en réunion". Des réquisitions plus lourdes qu'en première instance.
Tous les prévenus avaient été relaxés en première instance le 9 décembre car le tribunal avait reconnu "l'état de nécessité" de leur action. Une position que les écologistes et les mouvements anti-OGM défendait. La décision avait alors été saluée comme "la première victoire des faucheurs volontaires devant les tribunaux". Le parquet et la société américaine d'agrochimie Monsanto, propriétaire des parcelles fauchées, qui invoquait "le droit à la recherche", avaient alors fait appel.
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