Ségolène Royal en meeting à Bourg-sous-la-Roche © DRPas à pas et suivant un agenda qui ne laisse rien au hasard, Ségolène Royal avance sur le terrain des idées, celui-là même sur lequel ses adversaires espèrent la voir trébucher. Alors que samedi prochain, des dizaines de milliers de personnes vont défiler dans les rues de la capitale pour la traditionnelle marche des Fiertés gays et lesbiennes, la candidate à l'investiture socialiste accorde un long entretien au magazine Têtu à paraître mercredi. Elle s'y prononce pour la première fois en faveur du mariage homosexuel et de l'homoparentalité.
Selon la présidente de la région Poitou-Charentes, "le mariage, initialement, fonde la filiation". Depuis longtemps, elle préférait ainsi le terme "union" entre homosexuels, qui "correspond plus à la réalité". Pour autant, "si on parle seulement d'union, on va dire qu'il s'agit d'un sous-mariage", admet-elle. "Si ce n'est pas le même mot, on dira que ce n'est pas vraiment l'égalité des droits. L'ouverture du mariage aux couples de même sexe est dans le projet du PS. Le débat aura lieu, et si une majorité de gauche est élue, elle votera un texte mettant en application ce texte", s'engage-t-elle.
"Il m'avait annoncé cela comme un aveu"
Sur la question de l'adoption, Ségolène Royal développe une approche centrée sur " l'intérêt de l'enfant et un projet familial ". " A partir du moment où on reconnaît la famille homoparentale comme une famille, elle a le droit de concevoir un projet familial. Si un homosexuel peut adopter seul, pourquoi un couple homosexuel ne pourrait pas le faire ? " explique-t-elle, avant d'ajouter "les fondements juridiques sont là ". Celle que la communauté homosexuelle percevait comme plutôt réservée sur l'égalité totale des droits entre hétéros et homos franchit donc un pas, dans la clarté mais sans roulement de tambours.
Si ses adversaires seront tentés d'y voir de l'opportunisme, ses partisans verront dans ces nouvelles prises de position la continuité d'un combat contre les discriminations. Interrogée sur sa première " approche " personnelle de l'homosexualité, la compagne de François Hollande explique que c'est à la fac qu'un de ses camarades lui a dit un jour qu'il était homosexuel. "Je lui ai demandé s'il était heureux, il m'a dit que oui. Je me suis rendu compte plus tard que ce qui m'avait finalement le plus frappé, c'est qu'il m'avait annoncé cela comme un aveu (...) Il faudra encore un travail considérable pour parvenir à une banalisation de l'homosexualité ". Selon un sondage BVA pour LCI et Le Figaro publié le 8 juin, six Français sur dix se disent favorables aux unions entre personnes de même sexe mais 50% des sondés sont contre l'adoption.
Le site du magazine Têtu : http://www.tetu.com/
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