Ruymbeke et Bourges chargent Lahoud

Par Par F.L., le 09 juin 2006 à 19h33 , mis à jour le 10 juin 2006 à 09h49

Après la conférence de presse de Florian Bourges désignant Imad Lahoud comme le falsificateur des fichiers Clearstream, le site internet du Figaro publie un compte-rendu des auditions du juge Ruymbeke aussi accusateur. Mis en examen vendredi soir, Lahoud nie toujours toute implication.

TF1 / LCI Juge Renaud van ruymbeke11 mai 2006 : on apprend un peu plus tard que le juge Van Ruymbeke a été entendu par les juges Pons et d'Huy, et que le cabinet de l'avocat chez qui a eu lieu la rencontre avec Gergorin, Me Thibault de Montbrial, a été perquisitionné jeudi.

"Je ne peux que vous confirmer que M. Lahoud m'a bien été cité par M. Gergorin comme étant sa source, c'est-à-dire la personne qui était en possession des listings Clearstream et qui fournissait tous les renseignements. (..) Il me l'a cité de façon certaine. Il me l'a présenté d'ailleurs comme étant sa seule source. A aucun moment, il n'a évoqué une autre source." L'accusation à l'encontre de Lahoud, mis en examen vendredi soir dans cette affaire (lire : "Imad Lahoud mis en examen"), est formelle. Selon lefigaro.fr, elle émanerait du juge Ruymbeke et aurait été faite jeudi, lors de son audition par les juges d'Huy et Pons. Cette entrevue, lefigaro.fr en a présenté vendredi soir un compte-rendu, mettant également en ligne le contenu du PV d'audition du magistrat.

Cette accusation du juge recoupe celle de Florian Bourges. L'ex-auditeur d'Arthur Andersen, lui-même entendu mercredi par les juges d'Huy et Pons, est en effet sorti du silence vendredi lors d'une conférence de presse, complétant le tableau esquissé fin avril avec la publication dans la presse du témoignage du général Philippe Rondot. "Je peux authentifier que ce sont mes fichiers", a dit l'ex-informaticien à la presse, qui ont été "utilisés" pour confectionner des faux envoyés à la justice, avec des noms ajoutés, dont celui de Nicolas Sarkozy. "Je sentais que cela s'approchait de moi, je devais donc parler", a-t-il expliqué pour justifier son intervention aux côtés du journaliste Denis Robert, qui a cité son nom dans son dernier ouvrage "Clearstream, l'enquête".

Mis en examen, Lahoud nie en bloc 

Face à ces accusations, Imad Lahoud nie en bloc (voir le sujet vidéo de Christophe Moulin). Deuxième mis en examen dans ce dossier, après Jean-Louis Gergorin la semaine dernière, il doit répondre de "dénonciation calomnieuse" et "faux et usage de faux". Les magistrats Jean-Marie d'Huy et Henri Pons ont demandé son placement en détention provisoire ; le juge des libertés et de la détention a décidé de la remettre en liberté. Son avocat Me Olivier Pardo a d'ailleurs tenté de mettre en cause l'impartialité du juge Henri Pons en citant un passage du livre de Denis Robert, dans lequel ce dernier dit connaître personnellement le magistrat.

Devant les juges d'Huy et Pons, Florian Bourges s'est pourtant montré tout aussi précis dans ses accusations que le juge Ruymbeke, détaillant ses rencontres avec Lahoud - avec Denis Robert dans le rôle d'intermédiaire - et la transmission des fameux fichiers de Clearstream. Dans les compte-rendus d'auditions retranscrits vendredi soir sur le site du Figaro, l'ex-auditeur d'Arthur Andersen pointe la responsabilité sans équivoque de l'ex-informaticien d'EADS : "Imad m'a demandé ce que j'avais gardé comme informations sur Clearstream et je lui ai répondu que j'avais tout conservé (...) Je suis venu avec mon PC et Imad avait sur lui une clé biométrique (..) Il a branché cette clé sur mon PC et a copié beaucoup de fichiers".

Quatre colonnes distinctives... et des noms rajoutés

Par la suite, affirme-t-il, mis en contact avec le juge Ruymbeke toujours par le biais de Denis Robert, il a eu l'occasion de constater que ses fichiers étaient parvenus jusqu'au magistrat... mais modifiés. S'ils portaient toujours des marques distinctives (comme quatre colonnes rajoutées manuellement par Florian Bourges lui-même), divers noms y avaient été insérés par la suite. Sur l'origine de la falsification, aucun doute, selon lui : les fichiers modifiés avaient été créés sous le nom "Neo". Et le pseudonyme utilisé par Imad Lahoud dans ses échanges avec Denis Robert était... Matrix-Néo.

Renaud van Ruymbeke, qui avait déjà été entendu le 10 mai par les juges d'Huy et Pons, leur a confirmé avoir rencontré l'ex-auditeur. Il leur a également précisé que Florian Bourges lui avait été envoyé par le journaliste Denis Robert et qu'il avait refusé de déposer comme témoin. Mais, a-t-il affirmé vendredi, c'est uniquement "à titre de simple renseignement" qu'il avait entendu l'informaticien Florian Bourges en octobre 2004, après avoir reçu des courriers non signés contenant de prétendus comptes Clearstream. A ce moment-là, affirme-t-il, il avait déjà des soupçons grâce aux premières informations issues des commissions rogatoires internationales (CRI) qu'il avait lancées pour établir la falsification des listings.

Photo d'ouverture : le juge Ruymbeke - archives

Par Par F.L. le 09 juin 2006 à 19:33
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