© AFP / FRANCK FIFEAprès la polémique autour de l'amnistie de Guy Drut, y aura-t-il une affaire Henri Sérandour ? Ancien international de water-polo, il est actuellement président du CNOSF (Comité national olympique et sportif français) et membre du Comité international olympique depuis septembre 2000. Et il a des ennuis judiciaires. Il a été renvoyé devant le tribunal correctionnel de Paris pour répondre du délit de prise illégale d'intérêt. Il a fait l'objet le 23 janvier dernier d'une citation directe du parquet, le renvoyant devant la 11e chambre du tribunal correctionnel, à la suite d'une enquête préliminaire ouverte le 5 janvier 2004 sur dénonciation de la Cour des comptes. Le procès est prévu le 30 juin. Dans un communiqué, son avocat, Me Patrick Maisonneuve, a fait savoir que le président du CNOSF conteste les accusations portées contre lui.
Selon Le Monde, la Cour des comptes avait relevé un "certain nombre d'anomalies" dans les comptes du Comité national olympique. Henri Sérandour aurait notamment facilité l'embauche de sa femme, l'ancienne championne de natation Catherine Poirot, par la société de communication Mavickom devenue Pléyades, alors que cette entreprise était en contrat avec le CNOSF. Préjudice estimé par les policiers lors de l'enquête préliminaire : 1,5 million de francs. Les enquêteurs auraient également relevé une présomption de détournement de fonnds publics : Henri Sérandour se serait servi, durant ses vacances, d'un véhicule et d'une carte bancaire du CNPSF.
La menace d'une suspension des instances du CIO
Toujours selon Le Monde, l'entourage d'Henri Sérandour ne nie pas les faits, mais parle de "négligence" et réfute tout "enrichissement personnel". Reste que si le tribunal correctionnel de Paris devait le condamner, il risquerait à son tour, tout comme Guy Drut, une suspension des instances du CIO...
En annonçant l'amnistie de Guy Drut, condamné en octobre 2005 à 15 mois de prison avec sursis et 50.000 euros d'amende dans l'affaire des marchés publics d'Ile-de-France, Jacques Chirac avait justifié son geste en rappelant que seuls trois Français siégeaient au Comité : Jean-Claude Killy, Guy Drut... et Henri Sérandour. Désormais, ils ne sont plus que deux, le CIO n'ayant encore pris aucune décision sur une éventuelle réintégration de Guy Drut après l'amnistie présidentielle... Jacques Chirac avait également cité l'exemple de l'échec de Paris en juillet dernier face à Londres pour organiser les Jeux de 2012, lequel avait selon lui montré "à quel point il était essentiel d'être présent" dans les instances de l'olympisme. Ironie du sort, Henri Sérandour était également membre du Comité fondateur du Comité Paris 2012.
Photo d'ouverture : Henri Sérandour, président du CNOSF, face aux journalistes peu avant l'ouverture des Jeux Olympiques d'hiver de Turin - AFP / FRANCK FIFE
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