"Sarkozy est en train de réglementer la chasse aux enfants"

Par Propos recueillis par Alexandra GUILLET, le 06 juin 2006 à 10h24 , mis à jour le 06 juin 2006 à 11h53

Un simple "effet d'annonce", une manière déguisée de "mettre en place une réglementation pour encadrer la chasse aux enfants"... Richard Moyon, porte-parole du Réseau Education Sans Frontière, s'indigne sur LCI.fr de la proposition de Nicolas Sarkozy de ne régulariser que les enfants sans-papiers nés et scolarisés en France.

école enfant enseignement instituteur © TF1

LCI.fr : Nicolas Sarkozy devrait proposer cet après-midi, devant le Sénat, la régularisation de 800 familles dont les enfants sont nés et scolarisés en France. Qu'en pensez-vous ?
Richard Moyon, porte-parole du Réseau Education sans Frontière (RESF)* : Le titre en Une du Figaro de ce matin, "Sarkozy renonce à expulser les élèves sans papiers" promettait beaucoup. Mais à y regarder de plus près, la "clémence" de Nicolas Sarkozy ne représenterait que 1 à 2 % des enfants concernés par l'expulsion. En effet, d'après les propres chiffres du ministère de l'intérieur, il y a en France 300 à 400 000 sans papiers, dont 50 000 familles. S'il y a 50 000 familles, il y a au minimum 50 000 enfants en situation irrégulière. Ce qui est énorme, puisque même notre réseau ne les estimait qu'à une dizaine de milliers.

Nicolas Sarkozy propose de ne régulariser que les 800 familles les plus intégrés, soit environ 1200 personnes. C'est une goutte d'eau, un simple effet d'annonce. Très loin de la réalité. Nicolas Sarkozy souhaite se refaire une virginité humanitaire. Mais pour un coup d'essai, ce n'est pas un coup de maître.

LCI.fr : Pour ne pas être expulsable, les enfants devront être nés et scolarisés en France et ne pas parler la langue de leurs parents. Que pensez-vous de ces critères retenus par le ministère de l'Intérieur ?
R.M. : Monsieur Sarkozy s'apprêtait à ouvrir la chasse à l'enfant à partir du 30 juin sans aucune restriction. Là, il est en train de mettre en place quelques réglementations pour encadrer cette chasse. Autant les deux premiers critères, à savoir le lieu de naissance et la scolarisation, sont rigoureux. Autant le troisième critère, à savoir la perte de l'usage de la langue de ses parents, n'a pas de sens. Pire, il permet de laisser des marges d'appréciation aux préfectures dont on sait qu'elles ne sont pas particulièrement enclines à la bienveillance. Car ces préfectures sont déjà prises l'épée dans les reins à cause des objectifs chiffrés que leur inflige le ministre de l'intérieur pour les reconduites à la frontière. Cette année, l'objectif est de 25 000 expulsions. C'est 25% de plus que l'an dernier, 50% de plus qu'il y a deux ans.

LCI.fr : Quelles actions entendez-vous mener dans les prochaines semaines pour aider ces enfants étrangers qui sont scolarisés en France mais menacés d'expulsion à la fin du mois ?
R.M. : Avant le 30 juin, nous continuons notre mobilisation qui a déjà permis de faire faire ce petit pas en arrière à Nicolas Sarkozy. Et pour l'après 30 juin, date à laquelle les cours vont s'arrêter, nous avons lancer une pétition nationale "Nous les prenons sous notre toit !", qui a déjà recueilli 40 000 signatures. Cette pétition revendique la protection des enfants. Dans des dizaines d'écoles, partout en France, des familles et des professeurs se préoccupent en ce moment même de faire partir en vacances les élèves menacés d'expulsion. Des centaines, et même des milliers d'enfants vont ainsi être protégés par des citoyens français.

L'objectif est de mettre la police dans la situation d'avoir à faire des enquêtes longues et complexes pour les retrouver. Dit comme cela, cela rappelle de tristes pages de notre histoire. J'espère que cela évoquera quelque chose chez les fonctionnaires de police et qu'ils ne se laisseront pas donner n'importe quel ordre. Nous parlons d'enfants. Il ne faut pas laisser commettre ces infamies.

*Réseau Education sans frontière a été créé en juin 2004 pour venir en aide aux enfants étrangers scolarisés en France et menacés d'expulsion. Il regroupe essentiellement des parents et des professeurs. 
Photo : image prétexte

Par Propos recueillis par Alexandra GUILLET le 06 juin 2006 à 10:24
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27 Commentaires

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  • Fred, le 06/06/2006 à 17h23

    JLS, ce que vous dites est faux. L'immigration légale est passée d'environ 80.000 vers 1997-1998, à environ 150.000 l'an dernier. Et c'est sans compter l'immigration illégale, qui a explosé depuis les lois Chevènement. Un quasi doublement, ce n'est pas une augmentation à vos yeux ? Bref, avant de commenter les chiffres, mieux vaut les connaître.

  • Klaus B., le 06/06/2006 à 17h13

    Je suis d'accord avec Maurice P. (un grand ami et collaborateur à moi), cessons de critiquer notre leader, notre guide spirituel sur la voie de l'ordre moral Nicolas Sarkozy, un homme qui remet au gout du jour des valeurs telles que travail, famille et patrie!

  • On marche, le 06/06/2006 à 16h42

    De toutes façons TF1 censure tout ce qui met un orteil en dehors de la pensée unique, comme il est de bon ton en France depuis 40 ans, donc je ne vois pas quel intérêt pourrait présenter un débat dans lequel une seule opinion est autorisée. On règlera ça en 2007, ça suffit.

  • Pascal, le 06/06/2006 à 16h41

    Les clandestins, qu'ils soient enfants ou adultes n'ont rien à faire ici, et Sarkozy fait preuve de concession stupide à la gauche en décidant cette régularisation sauvage; ces enfants ne sont pas victimes de l'Etat français, mais de l'irresponsabilité et de la lacheté de leurs parents.

  • Maret, le 06/06/2006 à 16h29

    Il y a des gens qui dise n'importe quoi comme JLS:depuis 10 ans l'imigration n' augmente plus. certe il faut organiser et reguler le flux.totalement contradictoire

  • JLS, le 06/06/2006 à 15h57

    Cher Potiron Peut être cette"misère du monde" comme vous l'appelez, fait votre ménage, vous sert au restaurant, a construit votre maison. Le fait d'inscrire un enfant à l'école est une marque d'intégration. Messieurs révisez vos statistiques. Depuis 10 ans l'immigration n'augmente plus! Certes il faut organiser et réguler les flux, mais ne mettons pas tout sur le dos de ces gens qui viennent pour gagner deux francs six sous pour les renvoyer chez eux. La priorité c'est de remettre la France au boulot et lui donner un moral positif pas de se replier frileusement sur nos problèmes.

  • Maurice P., le 06/06/2006 à 15h49

    Cessons s'il vous plaît de toujours critiquer M. SARKOZY, qui a le courage de porter à bout de bras les valeurs de notre regretté Maréchal Pétain ! Où va la France ?

  • Vastre, le 06/06/2006 à 15h40

    S'il ne veut pas avoir d'ennui avec les bien-pensants, Sarkozy n'a qu'à retirer son projet. Et tant pis pour ceux qui auraient pu en profiter !

  • Vincent, le 06/06/2006 à 15h34

    Je suis contre l'éviction d'enfants pour raisons administratives, mais ceci est une opinion d'ordre moral, pas un argument. Mon argument est de dire que d'ici 10-15 ans l'économie françasie aura besoin d'immigrés, pourquoi ne pas intégrer ceux qui sont déjà ici, les former afin de les rendre employables? Que l'on expulse des clandestins nuisibles, ca se discute, mais des gosses qui n'ont sans doute que cette chance-ci pour s'en sortir...

  • Pierre, le 06/06/2006 à 15h25

    Mettons cette proposition dans la bouche de segolene et d'un seul coup le monde s'illumine et deviens merveilleux et on parle d'humanité c'est pas beau tout ça selon d'ou vient la proposition elle est sale ou merveilleuse

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