Conférence de presse de Nicolas Sarkozy sur ses quatre ans place Beauvau © DRQuatre ans place Beauvau - l'heure du bilan pour Nicolas Sarkozy : le ministre de l'Intérieur a défendu son action jeudi lors d'une conférence de presse, tout en annonçant un train de mesures contre la délinquance. Face aux critiques, notamment de Ségolène Royal, il a affirmé avoir apporté une réponse à "l'insécurité galopante" qu'il avait trouvée à son arrivée en 2002, rappelant que la délinquance générale a baissé de 8,8% en quatre ans - même si les violences aux personnes, parallèlement, "ont progressé de 12,45%". Et tout en assurant qu'il restait à son poste, au moins jusqu'en janvier 2007, car il a "un travail à faire" et "le fera", il a décrit un ensemble de mesures qu'il souhaite mettre en place - soit en tant que ministre de l'Intérieur, soit en tant que président s'il devait accéder à l'Elysée.
- Droit de grâce : "Si un jour je devais avoir des responsabilités, l'une des premières choses que je ferais, c'est de supprimer le droit de grâce et l'amnistie". Il a ajouté ne pas vouloir "porter de jugement sur le cas particulier de Guy Drut, mais sur un principe plus général : il y a un principe qui s'appelle la séparation des pouvoirs, c'est un principe républicain".
- Recours aux témoins anonymes : "Je voudrais l'assouplissement de la loi de 2001 sur le témoignage anonyme. Je voudrais que puisse être témoin anonyme tous ceux qui le souhaitent et pas simplement lorsqu'il y a un risque pour leur intégrité physique", a déclaré Nicolas Sarkozy. "La pression sociale dans un certain nombre de nos quartiers est telle...", a-t-il ajouté en évoquant le cas d'une jeune fille, "violée et séquestrée" par un jeune homme qui lui avait dérobé son portable et "qui voulait la punir parce qu'elle s'était plainte à la police".
- Lutte antidrogue : Le ministre de l'Intérieur s'est déclaré déterminé à lutter contre le trafic de drogues qu'il a qualifiés de "cancer". Pour lui, "la loi de 1970 conçue pour faire face à une consommation peu répandue de drogues n'est plus adaptée", face à l'explosion de la consommation chez les jeunes notamment. "De fait, la loi n'est plus appliquée", a-t-il admis, parlant de "créer des sanctions alternatives" comme "l'obligation d'aller à l'hôpital pour voir des usagers de drogues" très atteints.
- Violences urbaines : Mise en service dans les unités concernées par les violences urbaines de "détecteurs électroniques d'hydrocarbures" pour prouver la manipulation de produits incendiaires.
- Délinquants sexuels : Nicolas Sarkozy a proposé "trois mesures nouvelles" :
- "pointage mensuel" pour les délinquants sexuels remis en liberté à l'issue de leur peine au lieu d'un pointage au commissariat tous les six mois.
- "contrôle de la réalité" du traitement médical lorsque celui-ci "est prescrit en alternative à la détention".
- proposer aux criminels sexuels "le choix entre la privation de la liberté et la neutralisation de la libido".
- Chiens dangereux : "L'actualité de ces derniers jours a cruellement rappelé la dangerosité d'un certain nombre de chiens. Il existe environ 80.000 chiens dangereux en France, dont près de 9.000 chiens d'attaque", a rappelé le ministre, qui souhaite "aller plus loin"". "Si même un jour on peut aller jusqu'à l'interdiction de la possession de ces animaux, cela sera parfait", a-t-il lancé. "Il faut accélérer les procédures d'euthanasie des chiens qui présentent un danger pour les personnes. Ces chiens sont de véritables armes. Je suis partisan de la tolérance zéro".
- Ecole et délinquance des mineurs : Nicolas Sarkozy a insisté sur la nécessité d'avoir "une chaîne pénale qui fonctionne" et de renforcer la discipline à l'école.
- "il faut cesser de considérer qu'un mineur récidiviste de plus de 16 ans doit bénéficier de façon systématique de l'excuse de minorité. C'est d'un ridicule achevé qu'un garçon de 17 ans qui fait 1m90, et qui vient de commettre des actes de violence, soit convoqué devant le tribunal pour enfants".
- création d'établissements pour mineurs délinquants où l'encadrement pourrait, pour partie, être formé de réservistes de la police ou de la gendarmerie.
- "l'école doit redevenir un lieu où l'autorité de l'enseignant s'exerce et où la violence est bannie". Il a proposé que "l'école cesse d'accueillir des élèves qui ont dépassé l'âge de l'obligation scolaire et qui perturbent la vie des autres". L'école est obligatoire jusqu'à 16 ans.
- "donner aux maires les moyens d'avoir connaissance" des enfants qui pratiquent l'absentéisme scolaire.
- le ministre de l'Intérieur a estimé enfin à 2.000 le nombre de personnes et enfants sans-papiers scolarisés qui seront concernées par les régularisations, soit "25% des cas".
- Déontologie :
- contrôles inopinés et anonymes des inspections générales dans les commissariats et gendarmeries.
- publication annuelle des rapports des inspections générales.
- création d'une "école nationale supérieure d'application de la police nationale" pour "professionnaliser" les gradés.
- constitution d'un groupe de travail (médias, syndicats et policiers) pour proposer l'amélioration du comptage des manifestants.
Photo d'ouverture : la conférence de presse de Nicolas Sarkozy - DR
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