
L'Italie a son affaire Juventus, la France a déjà son affaire OM. Le football français va-t-il être secoué par un nouveau scandale ? Rodolphe Albert, ancien employé du Paris SG, dénonce dans le livre "Les secrets du PSG, la danseuse de Canal+, 1991-2006" une gestion du club parisien où la "triche était systématique" avec notamment entre 100 et 200 millions d'euros non déclarés au fisc.
Des "transferts" à la "gestion de l'actionnariat" en passant par la "politique pour les arbitres" ou "les salaires", "derrière un discours vertueux", le PSG et Canal+ avaient selon lui recours à une "triche systématique". Il aurait en sa possession 7000 documents écrits prouvant ses allégations.
L'ancien employé soutient que la plupart des joueurs touchaient des salaires nets d'impôts et que, pour y arriver, le PSG utilisait des "moyens illégaux" : "cela a commencé dès la présidence de Michel Denisot qui a demandé à Nike de verser des sommes à deux joueurs du club, Alain Roche et Bruno Ngotty, mais Nike a alors refusé".
Licencié en 2005 pour "faute grave"
"Nike a ensuite accepté, quelques années plus tard. Mais, pour Roche et Ngotty, puis d'autres avant que le système Nike se mette en place, le PSG avait recours à des contrats de prestation bidons avec des agents qui avaient ensuite la charge de reverser de l'argent aux joueurs sur des comptes à l'étranger", précise Albert qui dit également disposer dans ses archives de 30.000 pages. "Entre 100 et 200 millions d'euros" auraient ainsi échappé au fisc sur la quinzaine d'années de l'ère Canal.
Rodolphe Albert a été licencié par le club en 2005 pour "faute grave" et des accusations de détournements de fonds. Cette affaire est encore au stade de l'enquête mais l'ancien employé affirme qu'il est "complètement innocent" et que la "justice lui donnera raison". De source proche du club, on estime en revanche qu'Albert a "pété les plombs dans un milieu où l'argent coule à flots et aurait détourné des dizaines de milliers d'euros. Il a revendu des voitures à son profit, acheté des bouteilles de Château Pétrus au nom du club pour ensuite les revendre également à son profit. Il alourdit la barque du PSG pour tenter d'alléger la sienne".
"Largesses avec les arbitres"
Autre révélation, le club se permettait d'après lui "des largesses avec les arbitres" en leur offrant des restaurants prestigieux, des cadeaux et même des spectacles coquins dans la capitale. Celles-ci étaient mises en oeuvre par un bénévole chargé de l'accueil des arbitres, lequel se faisait ensuite rembourser en notes de frais. Ce type de pratique aurait cessé en 2003 avec l'éviction dudit bénévole et de sa famille du club, à l'arrivée de Francis Graille. Albert accuse également Canal+ d'avoir acheté six à sept fois plus cher les actions individuelles des "actionnaires historiques du club" tout en leur faisant vendre l'association, alors détenteur de 33% des droits, pour "une bouchée de pain".
Parmi ces actionnaires figure notamment le futur président du club Alain Cayzac. Selon une source proche du club, l'achat des parts par Canal+, qui désirait être propriétaire à 100% du club, s'est fait "de manière tout à fait régulière. Les dires de Rodolphe Albert ne s'appuient sur rien. La crédibilité est nulle et la justice en a d'ailleurs été informée".
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