
Invitée ce matin sur RTL, Ségolène Royal a tenu à répondre à ses " amis " qui l'accusent depuis quelques jours de prendre le risque de diviser le parti socialiste et de jouer un jeu personnel dans cette phase de pré-campagne à l'investiture pour 2007. "J'entends beaucoup de critiques en effet parmi certains responsables, qui font beaucoup de bruit mais qui sont assez peu nombreux au demeurant, alors qu'à la base, je ressens beaucoup de soutien. Cherchez l'erreur", a-t-elle observé. Malgré un ton conciliant, la députée des Deux-Sèvres entend donc conserver sa " liberté de parole ", s'appuyant sur des sondages qui valident sa stratégie de prise de distance avec le PS et ses idées traditionnelles. Elle a appelé les socialistes à "se respecter les uns les autres". "Je suis sans doute l'une des rares personnalités socialistes à ne jamais dire du mal d'autres socialistes", a-t-elle dit.
Cette mise au point faite, Ségolène Royal a affirmé que le projet du PS adopté tard hier soir "engageait tous les socialistes ". Elle reprend ainsi les propos de François Hollande qui déclarait hier soir : "le candidat à la présidentielle aura ses caractéristiques, son caractère, forcément sa liberté de ton, il aura aussi sa façon de donner sa conviction (...) mais il sera nécessairement engagé par notre projet".
"Contre la délinquance, il faut tout essayer"
La présidente de la région Poitou-Charentes a donc salué l'adoption du projet socialiste, "aboutissement" du travail de la commission du projet. Rendant hommage à son compagnon, elle a souligné que la séance du bureau national avait été menée "avec doigté et talent" par le premier secrétaire du PS.
Pour autant, Ségolène Royal n'a pas dit son dernier mot. Il faudra en effet à ses yeux "tout essayer" pour réussir le "chantier majeur" de la lutte contre la délinquance, pour "remettre les jeunes debout". "Les socialistes ne doivent pas rester enfermés par des formules ou avoir peur d'un certain nombre de symboles", a-t-elle expliqué. "Ce n'est pas la peine de se focaliser sur un mot qui a peut-être surpris (...) mais au nom de quoi dans une République (...) les professions à uniformes, les militaires, les gendarmes, les pompiers seraient considérés comme devant être en marge d'un effort collectif de toute une société qui a envie de faire réussir ces jeunes", s'est-elle interrogée. Avec une formule qui rappelle les accents de Tony Blair, elle a affirmé qu'il fallait "gouverner par la preuve" et observer les résultats de toute politique sur le terrain.
Alors que l'hypothèse d'un retour de Lionel Jospin dans la bataille reste en suspens, Ségolène Royal a affirmé qu'elle se retirerait "devant tout candidat mieux placé qu'elle pour battre la droite" et que cela ne lui poserait "aucun problème", par exemple, de soutenir l'ancien Premier ministre. Et d'ajouter : "j'irai jusqu'au bout si je suis la mieux placée".
Image AFP. Ségolène Royal le 2 juin lors d'un déplacement dans le nord
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