Ségolène Royal fait la leçon à l'Insee

le 15 juin 2006 à 21h47 , mis à jour le 15 juin 2006 à 22h10

L'indice du coût de la vie "ne correspond pas à la réalité", estime Ségolène Royal qui veut trouver "un calcul démocratique des hausses du coût de la vie, avec les consommateurs, avec les petits retraités, avec les salariés jeunes". D'ailleurs, affirme-t-elle, "l'Insee l'admet, les indices ne sont pas valables".

TF1/LCI : Ségolène Royal jeudi soir sur France 2Ségolène Royal jeudi soir sur France 2 © DR

Ségolène Royal s'est prononcée jeudi soir sur France 2 pour une réforme de l'indice du coût de la vie - un indice qui, selon elle, rend mal compte des évolutions réellement ressenties par les Français. Invitée de l'émission "Question ouverte", la candidate à la candidature socialiste a affirmé que la hausse moyenne du pouvoir d'achat de 1,1% en 2005, selon les chiffres officiels, "ne correspond pas à la réalité". "Moi, je pense, si nous revenons aux responsabilités, qu'il faudra établir un calcul démocratique des hausses du coût de la vie, avec les consommateurs, avec les petits retraités, avec les salariés jeunes. D'ailleurs, l'Insee l'admet, les indices ne sont pas valables, ils ne correspondent pas à la réalité de la consommation", a-t-elle ajouté.

La présidente de la Région Poitou-Charentes a fait observer qu'il y avait "quatre millions de travailleurs qui gagnent moins de 800 euros par mois", dont beaucoup, a-t-elle noté, sont des femmes, et que "la précarité (avait) augmenté de six fois en 20 ans". Elle n'a pas éludé la responsabilité partielle de la gauche dans cette situation. Dans les années de gouvernement de la gauche, "les écarts se sont creusés, sur les salaires", a-t-elle admis. Défendant, comme "un signal" aux moins favorisés, la hausse du SMIC à 1500 euros brut par mois d'ici 2012 prévue dans le projet socialiste, Ségolène Royal a estimé que la France souffrait d''"une sous-rémunération du travail qualifié". "La France est un des pays où le travail qualifié est le moins rémunéré", a-t-elle assuré.

EADS : "toute la lumière devra être faite"

La candidate probable à l'investiture socialiste pour 2007 a d'autre part critiqué la baisse de 15.000 postes de fonctionnaires (dont près de la moitié dans l'Education nationale) prévue par le gouvernement dans le budget 2007. "Dans ce budget, les cadeaux fiscaux représentent quatre milliards d'euros. C'est sept fois le coût de 15.000 fonctionnaires", a-t-elle dit. "Ce n'est pas le moment de dégarnir l'Education nationale", a-t-elle ajouté, invoquant notamment "la violence" dans les établissements scolaires.

Interrogé sur la renationalisation d'EDF prévue dans le projet socialiste, Ségolène Royal a fait valoir que ce document était "un socle". "Nous l'appliquerons en fonction des moyens financiers (...) Nous ferons des choix, nous discuterons des priorités", a-t-elle déclaré. Concernant EADS, dont le coût a brutalement et fortement chuté en bourse à la suite, notamment, du surcoût dû aux retards à prévoir dans la livraison d'Airbus A380, l'élue du Poitou-Charentes a jugé qu'il fallait "aider (cette entreprise) à passer cette mauvaise passe". Quant à d'éventuels délits d'initiés, des dirigeants d'EADS ayant vendu ces dernières semaines d'importantes quantités d'actions qu'ils détenaient, Ségolène Royal a estimé qu'en cas de "manquements", "toute la lumière devra être faite".

Photo d'ouverture : Ségolène Royal jeudi soir sur France 2 - DR

le 15 juin 2006 à 21:47
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