© AFP/FREDERICK FLORINPour cet ultime rendez-vous sur le projet socialiste, qui sera bouclé mardi, les présidentiables -dont l'absence avait été vertement soulignée par le premier secrétaire François Hollande lors de la séance précédente, à Marseille- avaient tous fait le voyage.
Réunis samedi à Strasbourg pour la dernière séance de leurs Etats généraux consacrée à l'Europe, les ténors du parti se sont efforcés de mettre un bémol à la polémique suscitée dans le parti par les déclarations sur la délinquance de Ségolène Royal à Bondy (Seine-Saint-Denis).
Le "projet socialiste"
Les déclarations de mercredi de la présidente de Poitou-Charentes, sur l'encadrement "militaire" des jeunes primo-délinquants, qu'elle a réitérées devant la presse, ont été commentées dans les couloirs par les militants et par les responsables socialistes, qui ont semblé vouloir mettre un terme à l'affaire.
François Hollande a fait valoir que la proposition de sa compagne ne serait "sans doute pas" reprise dans le projet final socialiste. Il a aussi remis à leur place les présidentiables en rappelant qu'une fois voté, le 1er juillet, le projet "engagerait" chaque candidat à l'investiture, qui "devra être le candidat du projet". "C'est "le projet socialiste qui gagnera la prochaine élection présidentielle", a-t-il affirmé.
"Le projet socialiste n'est pas une musique d'orchestre ou de fond sur laquelle chacune et chacun viendrait positionner son brillant numéro de soliste", persiflait déjà Henri Emmanuelli samedi dans le Parisien. Il devrait "permettre de positionner la campagne sur des confrontations politiques fortes", a-t-il précisé devant les quelque 400 militants réunis au Palais des congrès. Un projet, a-t-il dit, qui pourrait proposer des "options" variées au vote des militants.
Dominique Strauss-Kahn, qui avait réagi de façon particulièrement violente jeudi -"on a un Sarkozy dans le pays c'est pas la peine d'en avoir deux"- a affirmé à l'AFP qu'il ne retirait "rien" des propos tenus. "Mais ce que je constate c'est que le PS ne suit pas : le premier secrétaire a dit très clairement que la militarisation de l'encadrement des jeunes ne serait pas dans le programme du parti, donc l'incident est clos", a-t-il ajouté.
Une "erreur stratégique"
"Il ne faut pas se mettre sur des terrains qui ne sont pas les nôtres", a glissé Laurent Fabius, se disant soucieux d'une politique à la fois "de fermeté et d'humanisme". Jack Lang a lancé un appel "pressant et amical" à l'unité des socialistes et à la fin du "bal des vanités", demandant de reléguer à l'arrière-plan les "polémiques dérisoires" et les "querelles picrocholines". Henri Emmanuelli a secoué plus brutalement le parti, en rappelant le 21 avril 2002 et la campagne "de deuxième tour" menée avant le premier tour par le candidat socialiste Lionel Jospin. Une "erreur stratégique" qu'il ne faut pas commettre "une deuxième fois", a-t-il conseillé. "Le meilleur candidat pour les socialistes, c'est celui qui fera le plus de voix au premier tour", a-t-il insisté.
François Hollande et sa compagne ont fait le bonheur des photographes en se rendant ensemble déjeuner, et en repartant dans la même voiture du Palais des congrès, l'une devant et l'autre derrière.
(Lang, DSK, Hollande et Royal à Strasbourg samedi/PHOTO AFP/FREDERICK FLORIN)
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