Clearstream : François Bayrou au 20 heures de TF1François Bayrou n'aura été dans l'opposition qu'une semaine... Le Conseil supérieur de l'audiovisuel, organe notamment chargé de surveiller la répartition du temps de parole entre droite et gauche aux élections présidentielles, est revenu sur sa décision du 13 juin de le classer dans l'opposition. Il l'a annoncé par lettre au leader de l'UDF. Sont également "réintégrés" dix autres députés.
Ni opposition, ni majorité
Le CSA explique avoir pris note du "désaccord" exprimé par M. Bayrou sur sa décision initiale, et précise dans sa lettre qu'il "ne prétend en aucun cas situer une formation politique contre son gré". Le temps de parole des membres de l'UDF, précise la lettre, "est comptabilisé sans être imputé sur celui de la majorité, ni celui de l'opposition". Cette méthode, précise encore la lettre, "déroge aux règles traditionnelles du Conseil, mais elle répond à une situation inédite". Il y a une semaine, alors que la décision du CSA tombait, François Bayrou s'était moqué de cette mesure sans "queue ni tête" qui "devrait susciter une franche rigolade parce que les gens sont assez intelligents pour faire une différence entre le PS et nous".
Fin du clivage ?
Le CSA dit même vouloir réfléchir à plus long terme à de nouvelles règles et propose d'auditionner François Bayrou et d'"engager une concertation avec l'ensemble des formations politiques sur la question du pluralisme en général, et notamment sur les conditions de régulation dans la perspective des élections présidentielles et législatives de 2007".
Première réaction : celle de Jean-Christophe Lagarde, député UDF de Seine-Saint-Denis, qui s'est réjoui de ce "revirement" du CSA. Il y voit même une reconnaissance implicite du CSA "qu'il est possible dans notre pays d'être député et indépendant". Marielle de Sarnez, vice-présidente de l'UDF, et le député de la Loire Gilles Artigues, vont plus loin. Ils voient dans cette décision la reconnaissance pour l'UDF "d'exister en tant que telle, et non par rapport aux autres" mais surtout la fin du "vieux dogme, jusque là intouchable, qui faisait du clivage droite-gauche le seul critère de la vie politique française".
(Photo TF1 : François Bayrou, invité du 20 heures le 14 mai dernier)
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