"Lâcheté", ce mot a enflammé l'Assemblée nationale cet après-midi. Pau avant 15h30, Jean-Louis Debré a décidé de suspendre la séance des questions d'actualité à la suite d'une joute verbale entre Dominique de Villepin et François Hollande.
Le Premier ministre a accusé le premier secrétaire du Parti socialiste de "lâcheté", provoquant les protestations du groupe socialiste. "Je dénonce la facilité et je dirais même en vous regardant, la lâcheté qu'il y a dans votre attitude", a lancé violemment Dominique de Villepin à François Hollande qui l'interpellait notamment sur la gestion d'EADS .
Il "a perdu son sang-froid"
Les députés socialistes ont alors " explosé " et quitté les bancs du groupe pour fondre sur Dominique de Villepin, qui a poursuivi son intervention sous les protestations. "Démission !", "Démission", ont scandé les élus socialistes. Les députés sont restés au pied de la tribune de Jean-Louis Debré tandis que la séance se poursuivait dans le brouhaha. Au bout de quelques minutes, le président de l'Assemblée a fini par suspendre les débats.
Peu après, le premier secrétaire du PS a exigé de Dominique de Villepin qu'il lui fasse "des excuses". Il s'exprimait à la sortie d'une brève entrevue avec le président de l'Assemblée. Le numéro un socialiste a demandé également à Jacques Chirac qu'il "tire les conclusions" de l'incident à l'Assemblée nationale, reprochant à Dominique de Villepin d'avoir "perdu son sang-froid", en l'accusant de "lâcheté". Dominique de Villepin "a perdu son sang-froid, peut-être davantage, il a en tout cas perdu l'estime que l'on doit à un Premier ministre", a déclaré le patron du PS. Il a accusé le Premier ministre de "brutaliser le débat public". "C'est le signe qu'il a aujourd'hui perdu toute capacité pour gouverner le pays", a-t-il ajouté.
"Une provocation"
Réagissant à cet incident, François Bayrou a demandé "des élections anticipées", estimant que "plus rien ne marche" et que "les commandes de l'Etat ne répondent plus". "On est dans un moment de décomposition complète. Chacun se demande combien de temps ça va pouvoir durer encore comme ça. Je parle de cette ambiance incroyable dans laquelle on vit, et où plus personne ne se reconnaît", a déclaré le président de l'UDF.
Selon lui, "à un climat comme ça, il faudrait une décision exceptionnelle, qui est celle d'organiser des élections anticipées, de mettre un terme à cette lente décadence dans laquelle on se trouve". Le président du groupe UMP, Bernard Accoyer, a accusé François Hollande de s'être livré à une "provocation" et d'avoir joué "la comédie". Dans la soirée, il a lancé un appel au calme à ses troupes qu'il a exhortées à "répondre dans la sérénité aux attentes des Français".
Villepin ne s'en est pas pris "à la personne" de Hollande |
L'entourage de Dominique de Villepin, interrogé mardi par l'AFP au sujet de l'incident à l'Assemblée nationale, a affirmé que le Premier ministre ne s'en était pris "à aucun moment à la personne de François Hollande". Il "a voulu dénoncer une attitude consistant à se livrer à des attaques personnelles au lieu d'aborder les défis majeurs de notre pays dans les domaines économiques, sociaux, énergétiques et industriels", a expliqué son entourage. (D'après AFP) |








