La conférence de presse mensuelle de Dominique de Villepin à ChartresSans s'appesantir sur les mauvais sondages et les critiques au sein de sa majorité, Dominique de Villepin veut donner l'impression de tracer sa route. Il a profité pour cela de sa 11ème conférence de presse mensuelle, organisée pour la première fois en province, à Chartres. Entouré de Thierry Breton (Economie), François Goulard (Enseignement supérieur et recherche), Jean-François Copé (Budget), Xavier Bertrand (Santé) et Catherine Vautrin (Cohésion sociale), il s'est félicité de voir que "le travail de la majorité et du gouvernement porte ses fruits" : baisse du chômage, relance de la croissance, sur laquelle il s'est dit "confiant". Affirmant dans la foulée qu' "il n'est pas question de faire une pause" dans l'action gouvernementale "pendant un an", vu qu'"il y a des sujets qui ne peuvent pas attendre".
Tirant les "leçons" de "cette première année à Matignon", le Premier ministre a jugé que "nous avions du temps utile", citant parmi "les sujets qui ne peuvent pas attendre", " les violences aux personnes, la cohésion sociale ou le chantier de l'énergie". "Il y a des enjeux qui doivent être préparés: je pense par exemple à l'éducation ou à la santé. Il y a enfin des efforts à poursuivre : sur l'emploi, sur les exportations, sur le partage de la croissance, il n'est pas question de faire une pause pendant un an", a déclaré le chef du gouvernement.
Dans une allusion à la crise du CPE et l'affaire Clearstream, Dominique de Villepin a affirmé que "les épreuves l'avaient changé" et "touché". "Elles m'ont touché mais elles ont aussi renforcé ma détermination à servir les Français. Elles m'ont aussi convaincu que l'un des défis essentiels de notre pays aujourd'hui, c'est la réconciliation et le rassemblement", a-t-il affirmé.
"Les épreuves m'ont touché"
Le Premier ministre a affirmé qu'il fallait répondre au "trouble" actuel par "l'action, le résultat, l'unité" et "la volonté. "Nous sommes à quelques mois d'échéances importantes et régulièrement, ça été vrai à chaque étape au cours des dernières échéances, un léger trouble apparaît dans la période de mai-juin", a estimé le Premier ministre. "Ce trouble se dissipe et il se dissipera d'autant plus vite que l'action, le résultat, l'unité, la volonté, l'énergie seront au rendez-vous, c'est tout simplement le cap que se fixe le gouvernement", a-t-il assuré. "On ne répond pas au trouble en ajoutant de nouveaux troubles, on répond au trouble en affichant de la sérénité, de l'engagement et puis la volonté de répondre aux préoccupations de nos compatriotes", a-t-il assuré.
Dans un an, au moment de la présidentielle, Dominique de Villepin souhaite ainsi "présenter aux Français un modèle social rénové". D'ici là, il a promis de présenter "devant le Parlement dans quelques semaines un engagement national de baisse de la dépense publique". Pas question pour autant de s'attaquer de nouveau aux effectifs des fonctionnaires : "Nous avons sur ce sujet décidé de rompre avec des habitudes anciennes. (...) Nous avons remisé le rabot. L'idée de tailler dans les effectifs de la fonction publique au hasard des noeuds dans le bois nous a paru proprement inacceptable". Il a aussi indiqué souhaiter rencontrer les partenaires sociaux "à la fin de ce mois" pour discuter avec eux de leurs analyses du rapport Chertier sur la modernisation du dialogue social.
Le Premier ministre a souhaité que le projet de loi sur l'immigration "soit adopté avant l'été" et le texte sur la prévention de la délinquance "voté à l'automne". Quant à la réforme de la justice, "un travail nourri" doit être mené. "Nous ne ferons pas une réforme bâclée", a-t-il dit. Invité à commenter le projet socialiste, il a qualifié ses propositions de "rhétoriques, démagogiques et bien coûteuses", citant notamment "le Smic à 1.500 euros" ou "l'extension des 35 heures". Interrogé sur les mesures préconisées par Ségolène Royal contre la délinquance, Dominique de Villepin s'est "réjoui" de voir que "l'action du gouvernement fait évoluer la réflexion de certains candidats, et en tout cas d'une candidate".
"Entêtement", "surdité", "aveuglement" François Hollande a déclaré jeudi, en commentant la conférence de presse mensuelle du Premier ministre, qu'il avait été frappé par "son entêtement, sa surdité, son aveuglement". "Dominique de Villepin vient de confirmer qu'il voulait aller jusqu'au bout, c'est-à-dire en 2007, mais pas plus loin", a observé le numéro un socialiste. "Il aura donc inquiété les Français qui constatent jour après jour que le modèle social qu'il propose n'est ni social, ni un modèle. Mais il aura surtout angoissé les députés de sa propre majorité qui n'ont plus confiance".
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