
Sous pression maximale depuis le vif incident qui l'a opposé à François Hollande mardi à l'Assemblée, Dominique de Villepin a présenté ses "regrets" mercredi après-midi au patron du PS dès le début de la séance de questions au gouvernement.
"Permettez-moi au début de cette séance de me tourner vers vous Mr Hollande : j'ai dénoncé hier une attitude, en aucun cas je n'ai voulu me livrer à des attaques personnelles que je condamne", a déclaré le Premier ministre. "Si certains mots vous ont personnellement blessé, je le regrette et je les retire", a-t-il poursuivi. Dominique de Villepin avait accusé mardi le premier secrétaire du Parti socialiste de "lâcheté".
Intervenant juste après le chef de gouvernement, le président du groupe PS à l'Assemblée a "pris acte" "des excuses" du Premier ministre, qui avaient été exigées par les socialistes après l'accrochage. "Nous prenons acte de votre déclaration et de vos excuses. C'était une obligation car accuser François Hollande, le chef de l'opposition, de lâcheté, c'était commettre la plus grave injure contre un homme public. C'était insulter tous les députés socialistes, toute l'opposition et c'était aussi, d'une certaine façon, outrager le Parlement tout entier", a déclaré Jean-Marc Ayrault.
"Qu'il s'en aille le plus vite possible"
Mardi, les propos du chef du gouvernement avaient provoqué une cascade de réactions et des demandes de démission, y compris dans les rangs de l'UMP. Après les "excuses" de Dominique de Villepin, certains parlementaires de la majorité ont poursuivi leurs critiques contre le Premier ministre. "J'ai été l'un des premiers à appeler de mes voeux qu'il s'en aille le plus vite possible", a dit Jean-Paul Anciaux dans les couloirs du Palais-Bourbon. "C'est au chef de l'Etat de prendre la mesure de la situation", a-t-il ajouté.
"Il faut entrer maintenant dans la phase chirurgicale, ça ne peut plus durer, c'est au président de la République de prendre ses responsabilités", a estimé pour sa part Yves Bur. Pour Michel Bouvard, la présence de Dominique de Villepin à Matignon "est handicapante pour la majorité". "Si le président de la République change un Premier ministre pour mettre un Premier ministre qui soit là pour gérer la transition et aider le candidat naturel de la majorité à l'élection présidentielle, qui est aujourd'hui Nicolas Sarkozy, ça a une utilité", a-t-il poursuivi. "On a le sentiment d'être au fond d'un trou et de ne pas en voir la sortie", a déclaré François-Michel Gonnot. "Nous n'avons jamais vu de telles relations entre le gouvernement et la majorité. On attend du président de la République, le 14 juillet, les mots et les gestes qu'on attend", a-t-il dit.
De son côté, François Bayrou a estimé que Dominique de Villepin "avait eu raison" de retirer ses propos et de présenter "ses regrets" à François Hollande, mais que "cela ne supprime rien de la crise très profonde" entre la majorité UMP et le gouvernement.
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