© INTERNELe président du groupe Air France-KLM, Jean-Cyril Spinetta, a annoncé mardi soir avoir été entendu mardi après-midi comme témoin assisté dans le cadre d'une enquête visant Pretory, une société sous-traitante d'Air France. Cette petite société de sécurité, pourtant inconnue dans le secteur, avait été chargée après les attentats du 11 septembre 2001 de fournir des gardes embarqués dans les avions d'Air France à destination des Etats-Unis.
Le juge financier Hervé Lourau s'interroge sur les conditions dans lesquelles Pretory a pu décrocher ce contrat très lucratif. Les soupçons de favoritisme reposent sur les relations qui unissaient l'ex-directeur de la sécurité d'Air France, Joël Cathala, ancien haut fonctionnaire de la police de l'air et des frontières, Jean-Cyril Spinetta, et deux actionnaires de Pretory, Raquel Velasco, ancienne hôtesse d'UTA, et Bill Buck, ex-militaire américain.
Quatre mises en examen
En décembre 2003, une information judiciaire a été ouverte pour des faits d'"abus de biens sociaux et recel et blanchiment de fonds commis en bande organisée" visant la gestion douteuse de la sous-traitante de la compagnie aérienne. La cellule de lutte contre le blanchiment Tracfin avait en effet repéré 10 millions d'euros de flux financiers suspects liés à cette entreprise. Quatre personnes ont déjà été mises en examen dont Jacques Gaussens, ex-PDG de Pretory.
"Furieux" d'être convoqué
"Je me considère comme totalement innocent et je considère qu'il n'y a aucun élément à charge dans ce dossier", a déclaré Jean-Cyril Spinetta sur qui planait la menace d'une mise en examen. La compagnie Air France elle-même est exposée au même risque pour "complicité d'abus de biens sociaux, blanchiment en bande organisée et travail dissimulé". L'un de ses représentants, Jean-Marc Bardy, directeur juridique de la compagnie, devrait être convoqué jeudi ou vendredi. "Tout cela est totalement incompréhensible", a-t-il lancé mardi, se déclarant "furieux" d'être devant la justice.
Par ailleurs, l'instruction porte sur les rémunérations du personnel de Pretory. Selon une source proche du dossier, l'essentiel des salaires était payé illégalement par des sous-traitants domiciliés dans des paradis fiscaux en économisant sur les charges sociales et fiscales. Les bénéfices retirés auraient pu être empochés par les dirigeants de Pretory. Le juge Lourau suspecte une complicité interne d'Air France.
(Image d'archive : Jean-Cyril Spinetta)
Retour MYTF1
Chargement en cours...



