Aminata expulsée vers le Mali

le 20 juillet 2006 à 18h25 , mis à jour le 21 juillet 2006 à 09h22

Les appels lancés par RESF et diverses personnalités de gauche n'ont pas empêché l'expulsion de la jeune fille d'origine malienne. Elle est partie jeudi après-midi par un vol Air France à destination de Bamako. Le Conseil Constitutionnel a validé la loi de Nicolas Sarkozy relative à l'immigration.

[Expiré] [Expiré] Rassemblement à l'appel de RESF à l'aéroport de Roissy contre l'expulsion vers le Mali d'Aminata Diallo © AFP / STEPHANE DE SAKUTIN

Le même jour, le Conseil Constitutionnel validait la loi de Nicolas Sarkozy sur l'immigration et l'intégration. Malgré la mobilisation du Réseau Education sans frontières, qui s'était déplacé à Roissy, Aminata Diallo a finalement été expulsée. Elle  est partie dans un vol Air France à destination de Bamako jeudi vers 17 heures, en dépit des efforts de la cinquantaine de militants de RESF présents pour inciter les passagers à "empêcher l'expulsion d'Aminata". Le président du MRAP Mouloud Aounit, ainsi que des élus d'Aubervilliers, de Seine-Saint-Denis et du conseil régional d'Ile-de-France étaient également présents et ont crié : "On est tous des Maliens", ou "Non, non, non aux expulsions".

La lycéenne d'origine malienne, âgée de 19 ans et née à Aubervilliers, où réside une partie de sa famille, était scolarisée en terminale ES au lycée Jean-Depange à Sarreguemines. Aminata, qui a bénéficié d'une réinscription dans son lycée pour l'année prochaine avait été interpellée il y a quinze jours et placée au centre de rétention de Geispolsheim, dans le Bas-Rhin. S'étant vue refuser un visa d'études par l'ambassade de France au Mali parce qu'elle n'avait pas le bac, elle s'était rendue à Sarreguemines, où vit un oncle naturalisé français, avec un visa de touriste pour y passer le bac, avec pour "seul objectif de faire un BTS de commerce", selon Eric Schultz, coordinateur de RESF pour le Bas-Rhin.

"L'objectif, c'est le retour d'Aminata"

"Maintenant, l'objectif, c'est le retour d'Aminata. Ils lui payent un mois et demi de vacances au pays, il faut qu'ils payent son billet de retour aussi", a estimé jeudi Richard Moyon, porte-parole de RESF, qui ne s'avouait pas vaincu et donnait rendez-vous aux militants à Roissy pour "le prochain" cas d'expulsion.

Outre les militants de RESF, le cas d'Aminata a entraîné une importante mobilisation à gauche. Au sein du PS, notamment, François Hollande, Jack Lang et Dominique Strauss-Kahn avaient demandé séparément jeudi à Nicolas Sarkozy de revenir sur la décision d'expulsion. Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF, avait également écrit au ministre de l'Intérieur, jugeant "totalement invraisemblable que cette jeune fille née à Aubervillers et parrainée par les élus de cette ville soit renvoyée au Mali".

Dans un communiqué publié jeudi soir, le ministère de l'Intérieur note pour sa part que "cette ressortissante malienne, bien que née en France en 1986, a passé son enfance et son adolescence dans son pays d'origine. Elle n'est arrivée dans notre pays qu'en août 2005, sous couvert d'un visa de tourisme qui ne l'autorisait à séjourner en France que pour une période de trois mois". Le ministère rappelle que "la situation de cette jeune adulte arrivée en France il y a moins d'un an ne relève aucunement du champ d'application de la circulaire du 13 juin, qui concerne les enfants scolarisés ayant des attaches fortes avec la France."

Photo d'ouverture : Rassemblement à l'appel de RESF à l'aéroport de Roissy contre l'expulsion vers le Mali d'Aminata Diallo - AFP / STEPHANE DE SAKUTIN

le 20 juillet 2006 à 18:25
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