"Cérémonie nationale" en hommage à Dreyfus

le 12 juillet 2006 à 09h15 , mis à jour le 12 juillet 2006 à 10h28

Jacques Chirac rend hommage mercredi au capitaine Albert Dreyfus, injustement accusé de haute trahison en 1895. La cérémonie nationale aura lieu à l'Ecole militaire de Paris, à l'endroit même où le capitaine avait été publiquement dégradé.

[Expiré] [Expiré] Alfred Dreyfus AFP © AFP/DR

100 ans après sa réhabilitation en 1906, le président de la République Jacques Chirac rendra un vibrant hommage au capitaine Albert Dreyfus, lors d'une "cérémonie nationale" à l'Ecole militaire, à Paris, à l'endroit même où l'officier avait été accusé de trahison et publiquement dégradé en 1895.

Le chef de l'Etat a choisi de commémorer le centième anniversaire de la réhabilitation de cet officier juif alsacien par un hommage solennel plutôt qu'en décidant du transfert de sa dépouille au Panthéon. L'Elysée n'a pas précisé ce qui avait motivé ce choix, mais une "panthéonisation" d'Alfred Dreyfus ne faisait pas l'unanimité, une controverse opposant ceux qui voient en lui un héros à ceux pour qui il est avant tout une victime.

"Le héros de l'affaire Dreyfus, c'est Zola"

L'historien Vincent Duclert, biographe de Dreyfus, a estimé qu'une "panthéonisation" aurait été le "symbole de la reconnaissance du courage civique du capitaine Dreyfus, d'une volonté de diffuser des idéaux démocratiques et de se donner les moyens de lutter plus efficacement contre l'antisémitisme en honorant la justice". Quant à l'ancien ministre socialiste Jack Lang, qui lui aussi militait pour le transfert au Panthéon, il a demandé à Jacques Chirac d'ordonner l'installation de la statue de Dreyfus signée Tim, dans la cour d'honneur de l'Ecole militaire.


L'ancien Garde des Sceaux Robert Badinter s'est lui félicité qu'une "cérémonie nationale" ait lieu "là même où cet officier a été déshonoré", tout comme le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif).

Deux procès et le bagne avant la réhabilitation

"L'Affaire Dreyfus" a déchiré l'opinion française pendant plus d'une décennie sur fond d'antisémitisme et de conspiration politico-militaire, jusqu'à la réhabilitation. De 1894, date de l'arrestation et du premier procès de Dreyfus, au 12 juillet 1906, date de l'arrêt mettant fin judiciairement à l'Affaire, pas moins de douze années se sont écoulées, au cours desquels Alfred Dreyfus aura connu deux procès, l'emprisonnement et le bagne, avant d'être réhabilité.

C'est dans la cour d'honneur de l'Ecole militaire que le capitaine fut dégradé devant 20.000 Parisiens. On lui arracha tous les insignes de son grade et son sabre fut brisé. Alfred Dreyfus clama son innocence et conclu sa harangue par un "Vive la France, vive l'armée".

le 12 juillet 2006 à 09:15
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