
On parlait de sa probable "dernière" allocution du 14 juillet en tant que président, on l'a interrogé sur ses velléités pour 2007... Rien n'y a fait, lors de sa douzième interview du 14 juillet depuis son arrivée à l'Elysée, Jacques Chirac a refusé vendredi de se projeter dans un an et même de faire un bilan de son action, s'emportant contre la "politique fiction". Il a préféré se "placer dans l'action", fixant de nouveaux objectifs à son gouvernement. Le président répondait, à 13h, en direct de l'Elysée, aux questions de Patrick Poivre d'Arvor et de David Pujadas.
La situation au Moyen-Orient
"Consterné" par le regain de violences au Proche-Orient (Lire l'article), le chef de l'Etat se demande s'il n'y a "pas une volonté de détruire le Liban" et qualifie de "disproportionnées" les "réactions actuelles" au Proche-Orient. Selon lui, le Hamas et le Hezbollah ne peuvent pas avoir pris ces initiatives seuls. Il demande l'envoi d'une mission de l'ONU au Proche-Orient qui devra se rendre en Israël, dans les territoires occupés et en Syrie "en dernier lieu", estimant qu'il y a "une vraie situation dangereuse".
Sur les familles sans-papiers d'enfants scolarisés
"Il faudrait prendre les choses à l'origine, sur l'immigration (...) On ne peut pas régler un problème totalement en dehors de son contexte" explique Jacques Chirac en assurant que "nous avons un immense problème, que la France porte, parmi les premiers dans le monde, qui est celui du développement". "Vous avez aujourd'hui en Afrique 950 millions d'Africains, dont 450 millions ont moins de 17 ans. En 2040, ils seront deux milliards, si on ne développe pas cette Afrique, ils inonderont le monde", estime-t-il.
En attendant, Jacques Chirac affirme que le ministre de l'Intérieur a "agi comme il convenait d'agir" dans le dossier des familles sans-papiers d'enfants scolarisés. "Je ne crois pas qu'il ait ouvert une boîte de pandore (..) il n'était pas question de régulariser l'ensemble et, par conséquent, il fallait faire une étude détaillée".
Le président pense qu'il faut passer sous le délai de six mois le temps nécessaire pour examiner les demandes de droit d'asile. "Depuis trop longtemps, on n'a pas fait les réformes nécessaires (...), l'actuelle majorité en particulier, pour que les délais d'examen d'asile soient réduits".
Sur la présidentielle de 2007
"Je ne me situe pas dans un temps limité", "je n'ai rien dit" sur une éventuelle candidature en 2007 "et je vous demande de bien vouloir respecter ce non-dit", lance-t-il en réponse aux questions des deux journalistes et refusant de se lancer dans "de la politique fiction". Il rappelle qu'il reste un an, qu'il est donc "à l'heure de l'action". Une manière de tordre le cou à ceux qui lui suggéraient, tel que François Fillon jeudi sur LCI, qu'il commence à faire un bilan critique de ses présidences.
"Je donnerai réponse à cette question, dont je conçois qu'elle puisse avoir un intérêt (...), au premier trimestre de l'année prochaine. C'est tout à fait clair et donc je n'ai pas d'autre commentaire à faire".
Sur ses relations avec Nicolas Sarkozy
Le ministre de l'Intérieur "a les qualités d'un homme d'Etat" selon le président, qui affirme qsue ses "relations avec Nicolas Sarkozy sont très bonnes". "Ne croyez pas ce que tel ou tel de vos collègues écrivent sur mes relations avec les uns ou les autres." De son côté, le président de l'UMP, accompagné de son épouse, n'est resté qu'une dizaine de minutes à la garden party de l'Elysée, qui suivait l'allocution du président.
Sur le chômage
L'objectif du gouvernement fixé par le président est de ramener le taux de chômage, actuellement à 9,1%, au-dessous de 8% de la population active dans les douze prochains mois.
Sur les impôts
Jacques Chirac affirme que sa promesse de 2002 d'abaisser de 30% les impôts a été atteinte sur les contribuables des classes moyennes et se prononce pour la poursuite de la baisse des charges sur les salaires en France.
Sur les réformes
Jacques Chirac demande la mise en place d'ici à 2007 d'une "réforme pour permettre de moderniser le dialogue social" afin de garantir que l'Etat ne puisse toucher au "code du travail sans dialogue social" avec les partenaires sociaux.
Il voudrait en outre "mener une réforme de la justice avant la fin de l'année pour renforcer les droits de la défense et la responsabilité des magistrats".
Le chef de l'Etat se dit "favorable" à la mise en place d'une allocation de rentrée à destination des étudiants et va pour cela "demander au gouvernement de mettre ça au point".
Sur les stock-options
Chirac se dit pour l'encadrement du système des stock-options et demande au ministre des Finances, Thierry Breton, de faire des propositions dans ce domaine. "L'actionnariat ouvrier est un élément essentiel pour l'avenir, il n'y aura pas de réponse au problème du pouvoir d'achat s'il n'y a pas d'actionariat salarié", ajoute-t-il.
Sur les Bleus
En conclusion, le président a été interrogé sur les Bleus. Admettant qu'il peut "comprendre" le geste de Zidane en finale (le coup de tête à Materazzi) s'il répondait à une provocation, Jacques Chirac estime toutefois que ce geste "n'est pas acceptable, et d'ailleurs il l'a dit avec beaucoup de courage, clairement". "J'ai pour Zidane beaucoup d'admiration, d'estime et de respect, et ça ne date pas d'hier" dit le président qui cherche une explication : "pour qu'un homme comme Zinedine Zidane, équilibré à tous égards, ait une réaction de cette nature, il faut bien qu'il y ait quelque chose". Jacques Chirac, se disant "assez meurtri, un peu choqué" par les réactions négatives à l'égard de l'Equipe de France au début du Mondial, rend hommage aux Bleus.
(Image : Jacques Chirac vendredi lors de l'interview du 14 juillet)
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