
"Ce n'est qu'un début, il y aura d'autres rendez-vous", a prévenu José Bové en guise de lancement de la "saison 2006 de l'action anti-OGM". L'emblématique moustachu venait de détruire dimanche, avec 200 militants de la Confédération paysanne et du collectif des Faucheurs volontaires à quelques kilomètres au sud de Toulouse un vaste champ de "maïs commercial OGM".
Ont d'ailleurs suivi, dans la nuit de dimanche à lundi, la destruction de deux autres champs. L'un dans la périphérie toulousaine, à Daux, donnant lieu à l'arrestation de cinq personnes qui ont été placées en garde à vue. Leur garde aurait d'ailleurs été prolongée de 24 heures lundi soir. Ils devaient être présentés au Parquet mardi matin à Toulouse où quelques dizaines de militants ont manifesté. L'autre parcelle a été détruite dans le Tarn-et-Garonne près de Montauban.
Sous l'oeil des policiers et journalistes
Les faucheurs de dimanche après-midi ont d'abord créé la surprise en arrivant en fin d'après-midi, près de l'immense champ irrigué situé à Saint-Hilaire, à 6 km de Muret, dont ils avaient estimé la superficie à dix hectares. Un hélicoptère de la gendarmerie est rapidement arrivé, survolant la scène à basse altitude et photographiant les faucheurs qui s'engageaient, en ligne, au milieu des hautes tiges de maïs méthodiquement cassées à la main et au pied. Une enquête a été ouverte, qui pourrait donner lieu à des interpellations, a expliqué le procureur de la République de Toulouse.
Les militants ont symboliquement laissé deux sacs de maïs biologique au coin du champ avant de se retirer, "pour que le transgénéculteur puisse se reconvertir", a expliqué en souriant José Bové.
"Récidive légale"
Un colonel de gendarmerie, arrivé à pied, a vainement tenté d'empêcher José Bové de poursuivre la destruction, avant de reculer et d'observer l'opération tandis que quelques gendarmes prenaient en photo de près les faucheurs.
"Après nos actions contre des parcelles d'essais OGM, cette opération contre un champ de maïs OGM commercial destiné par Monsanto à l'exportation vers l'Espagne est une première", a indiqué José Bové, rappelant qu'il se trouvait "en état de récidive légale". "Nous entendons par ce geste effectué à visage découvert dénoncer un type de culture illégale, une situation de non droit. Il n'y a en effet ni législation, ni cartographie, ni information du public", a-t-il martelé au milieu des épis couchés.
"Nous nous battons pacifiquement contre des décideurs incapables de régler les problèmes d'environnement et nous demandons toujours un référendum national sur les OGM", a indiqué l'élu municipal toulousain Alternatif, François Simon (ex-PS).
Le ministre de l'agriculture Domminique Busserau, a quant à lui condamné "avec la plus fermeté" les opérations perpetrées ce dimanche, les "qualifiant d'"actes de vandalisme contraires à l'Etat de droit et au principe du respect de la propriété privée".
(Photo Tf1-LCI - archive : José Bové lors de son procès à Toulouse en 2005)
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