Clichy : le mineur électrocuté n'a pas été interrogé dans les règles

le 18 juillet 2006 à 12h23 , mis à jour le 18 juillet 2006 à 17h39

La Commission nationale de déontologie de la sécurité a estimé que les conditions de l'interrogatoire du mineur survivant à l'électrocution de Clichy-sous-Bois en octobre 2005 constituaient "un manquement à la déontologie". Le syndicat de police Alliance a qualifé de "choquant" cet avis de la Commission.

marche silencieuse clichy sous bois

Le jeune homme avait échappé à la mort de justesse en octobre 2005 quand, avec ses deux amis, il s'était introduit dans un transformateur EDF à Clichy-sous-Bois en Seine-Saint-Denis. Les deux autres n'avaient pas eu sa chance. Alors que la banlieue commençait à s'enflammer, les enquêteurs s'étaient très vite rendus au chevet du survivant. Trop vite, a décidé mardi la Commission nationale de déontologie de la sécurité saisie par Claude Evin (PS) qui a mis en évidence un "manquemement à la déontologie".

La Commission juge inadmissible que le jeune, alors âgé de 17 ans, ait été interrogé pendant une heure et demie alors qu'il était grièvement blessé, en état de détresse psychologique et morale. Son avocat a expliqué qu'au lendemain de l'accident, le mineur avait été "interrogé hors la présence de ses parents" et alors que "sa brûlure totale représentait au moins 10%" de la surface du corps, ce qui signifie que "le pronostic vital était engagé".

"Aucune irrégularité", estime Alliance

Le syndicat de police Alliance a estimé "choquant" que la Commission relève un "manquement à la déontologie". Pour Frédéric Lagache, secrétaire national du premier syndicat de gardiens de la paix, il n'y a eu "aucune irrégularité, le travail des policiers a été minutieux". Il précise que ses collègues ont "suivi le code de procédure" et qu'il est "choquant de les voir pris en otages dans cette affaire sensible". Concernant l'état de santé du jeune homme, Frédéric Lagache ajoute que les policiers avaient demandé et obtenu l'autorisation à l'autorité médicale de l'interroger.

Sur la base de cet avis rendu par la Commission, Claude Evin et l'avocat du mineur vont demander au procureur de la République de Nanterre d'ouvrir une information judiciaire pour mise en danger délibérée de la vie d'autrui et faux.

D'après AFP

(Photo d'archive LCI-TF1)

le 18 juillet 2006 à 12:23
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