La coiffeuse voulait "une employée blanche"

le 17 juillet 2006 à 08h39 , mis à jour le 17 juillet 2006 à 09h45

La responsable d'un salon de coiffure de Loire-Atlantique est poursuivie en justice dans une affaire de discrimination à l'embauche. Elle a refusé d'employer une coiffeuse haïtienne parce qu'elle se sentait mieux avec des "gens de sa couleur". Le tribunal correctionnel de Nantes rend son jugement ce lundi.

Justice Picto Vignette bleue © INTERNE

Une coiffeuse d'origine haïtienne de 27 ans sera fixée ce lundi dans une affaire de discrimination à l'embauche qui l'oppose à une responsable d'un salon de coiffure de Loire-Atlantique. Le tribunal correctionnel de Nantes rend son jugement dans la journée.

En recherche d'emploi en novembre 2005, Clairmise Valton, présente sa candidature spontannée dans un salon de coiffure de Châteaubriand. La responsable, âgée de 55 ans, lui répond qu'elle ne cherche personne. Le lendemain, l'ANPE entre en contact avec la plaignante, titulaire d'un CAP de coiffure et lui signale une offre d'emploi dans ce même salon pour la période des fêtes. La plaignante téléphone, signalant être déjà passée au salon, mais la responsable lui répète qu'elle ne cherche personne. Une amie de la plaignante téléphone à son tour, se faisant passer pour une coiffeuse et la responsable lui propose de venir déposer son CV.

"Employée de couleur blanche"

Durant sa garde à vue, la responsable du salon a affirmé qu'elle cherchait "une employée de couleur blanche parce que cela correspond mieux au type de (sa) clientèle". "Je me sens mieux avec des gens de ma couleur", avait-elle ajouté.

Le ministère public a requis contre elle 3000 euros d'amende, dont 1000 avec sursis, et un stage de citoyenneté. Maître Marie-Emmanuelle Beloncle, l'avocate de la plaignante et des parties civile, a en outre réclamé 5000 euros d'amende pour chaque partie civile.

Quant à l'avocat de l'accusée, Maître Stéphane Fouéré, il a assuré que sa cliente n'était "pas une personne raciste" mais que "à CV égal, elle porterera plus facilement son choix vers une personnes du cru" pour une quesiton de "lien social" et de "contexte rural". Il a plaidé pour une peine réduite à un stage de citoyenneté pour sa cliente.

D'après AFP


le 17 juillet 2006 à 08:39
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