© INTERNEC'est l'histoire d'un maire d'une commune de Vendée confronté à "une série de problèmes" avec les gens du voyage. Et qui se sent bien seul pour les affronter. Christophe Chabot, élu de Brétignolles-sur-Mer, est "excédé". Sa petite ville de 3 000 habitants accueille depuis le 27 juin un rassemblement sauvage de nombreuses caravanes de gens du voyage. En signe de protestation, il a "symboliquement" fermé depuis lundi sa mairie.
Il précise qu'en tant que commune de moins 5 000 habitants, Brétignolles n'a aucune obligation de prévoir des installations pour recevoir des gens du voyage. "Mais notre municipalité considère que c'est dans son rôle d'assurer leur accueil. Et comme on préfère une occupation choisie à une occupation subie, depuis plusieurs années, en accord avec la préfecture, on s'organise".
"La première mauvaise surprise"
Par "s'organiser" comprendre prévoir un terrain pouvant recevoir jusqu'à 250 caravanes à certaines dates de l'année et sur des lieux précis pour les grands rassemblements œcuménique des gens du voyage. "Ce n'est pas dans n'importe quel lieu, type décharges publiques, précise l'élu. Nous les recevons au même endroit que là où nous faisons nos fêtes communales."
Début juin, comme chaque année, un grand rassemblement est prévu. "Là, c'est la première mauvaise surprise", se souvient le maire. Comme d'habitude, la municipalité prépare l'arrivée des caravanes en acheminant l'eau et des groupes électrogènes. "Elles ne sont jamais venues, raconte désolé Christophe Chabot. Nous n'avons reçu aucune excuse ni aucun remboursement pour les frais engagés".
Deuxième mauvaise surprise, le 27 juin. "Ce jour là, un groupe de 170 caravanes, qui n'était pas annoncé, s'est installé de manière sauvage sur notre commune. Et ils ont choisi l'endroit le plus beau et le plus touristique de la ville. Les tentatives de dialogues avec eux ont très vite mal tournées..."
Le maire de Brétignolles de citer, pêle-mêle, revendications, incidents et menaces "y compris sur ma personne et sur ma famille". Face à cette situation houleuse, la mairie alerte la sous-préfecture. "En retour, on nous a réquisitionnés pour amener l'eau et l'électricité. A nos frais, bien sûr !"
Un départ samedi ?
Au départ des gens du voyage, la ville prend deux décisions en conseil municipal : ne pas négocier avec eux lors du prochain rassemblement sauvage et fermer immédiatement la mairie.
Dimanche dernier, 200 nouvelles caravanes sont arrivées sans crier gare sur un autre terrain. "Voilà pourquoi nous avons fermé la mairie depuis lundi", explique le maire. Saisi par la ville de Brétignolles, le tribunal de grande instance des Sables-d'Olonne a prononcé mardi une ordonnance d'expulsion contre ces gens du voyage. Ils sont soumis à une astreinte de 100 euros par jour et par véhicule. Mais depuis, rien ne se passe. "Depuis dimanche dernier, le nombre de délit a été multiplié par 12 sur ma commune (42 délits)", raconte Christophe Chabot. Las, il ajoute : "visiblement tout le monde s'en fout". "La leçon de cette histoire c'est qu'un maire est incompétent pour gérer ce genre de situation et il y a une démission de l'Etat qui est inacceptable." Et le maire de citer le silence de la sous-préfecture et la non-intervention des gendarmes "par peur de représailles".
Le maire a sans doute fini par être entendu. Depuis deux jours, les choses semblent se décanter. "Il y a eu une réunion à ce sujet jeudi", a précisé vendredi en fin d'après-midi la préfecture de Vendée. Dans l'après-midi, la sous-préfète des Sables-d'Olonne a rencontré les gens du voyage. "Ils lui ont promis un départ samedi en fin de journée", a informé la préfecture qui précise qu'en cas de séjour prolongé, la force publique interviendrait.
(Image d'archives/DR)
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