Le désarroi d'une commune face aux gens du voyage

Par Par A.Gu. et A.Ga., le 21 juillet 2006 à 20h33 , mis à jour le 22 juillet 2006 à 16h54

Depuis lundi, la mairie de Brétignolles-sur-Mer, en Vendée, est fermée. La ville de 3 000 habitants entend ainsi protester contre un rassemblement sauvage de gens du voyage. Vendredi, après avoir rencontré la sous-préfète, ils ont promis de quitter les lieux samedi.

damblain tzigane © INTERNE

C'est l'histoire d'un maire d'une commune de Vendée confronté à "une série de problèmes" avec les gens du voyage. Et qui se sent bien seul pour les affronter. Christophe Chabot, élu de Brétignolles-sur-Mer, est "excédé". Sa petite ville de 3 000 habitants accueille depuis le 27 juin un rassemblement sauvage de nombreuses caravanes de gens du voyage. En signe de protestation, il a "symboliquement" fermé depuis lundi sa mairie.

Il précise qu'en tant que commune de moins 5 000 habitants, Brétignolles n'a aucune obligation de prévoir des installations pour recevoir des gens du voyage. "Mais notre municipalité considère que c'est dans son rôle d'assurer leur accueil. Et comme on préfère une occupation choisie à une occupation subie, depuis plusieurs années, en accord avec la préfecture, on s'organise".

"La première mauvaise surprise"

Par "s'organiser" comprendre prévoir un terrain pouvant recevoir jusqu'à 250 caravanes à certaines dates de l'année et sur des lieux précis pour les grands rassemblements œcuménique des gens du voyage. "Ce n'est pas dans n'importe quel lieu, type décharges publiques, précise l'élu. Nous les recevons au même endroit que là où nous faisons nos fêtes communales."

Début juin, comme chaque année, un grand rassemblement est prévu. "Là, c'est la première mauvaise surprise", se souvient le maire. Comme d'habitude, la municipalité prépare l'arrivée des caravanes en acheminant l'eau et des groupes électrogènes. "Elles ne sont jamais venues, raconte désolé Christophe Chabot. Nous n'avons reçu aucune excuse ni aucun remboursement pour les frais engagés".

Deuxième mauvaise surprise, le 27 juin. "Ce jour là, un groupe de 170 caravanes, qui n'était pas annoncé, s'est installé de manière sauvage sur notre commune. Et ils ont choisi l'endroit le plus beau et le plus touristique de la ville. Les tentatives de dialogues avec eux ont très vite mal tournées..."

Le maire de Brétignolles de citer, pêle-mêle, revendications, incidents et menaces "y compris sur ma personne et sur ma famille". Face à cette situation houleuse, la mairie alerte la sous-préfecture. "En retour, on nous a réquisitionnés pour amener l'eau et l'électricité. A nos frais, bien sûr !"

Un départ samedi ?

Au départ des gens du voyage, la ville prend deux décisions en conseil municipal : ne pas négocier avec eux lors du prochain rassemblement sauvage et fermer immédiatement la mairie.

Dimanche dernier, 200 nouvelles caravanes sont arrivées sans crier gare sur un autre terrain. "Voilà pourquoi nous avons fermé la mairie depuis lundi", explique le maire. Saisi par la ville de Brétignolles, le tribunal de grande instance des Sables-d'Olonne a prononcé mardi une ordonnance d'expulsion contre ces gens du voyage. Ils sont soumis à une astreinte de 100 euros par jour et par véhicule. Mais depuis, rien ne se passe. "Depuis dimanche dernier, le nombre de délit a été multiplié par 12 sur ma commune (42 délits)", raconte Christophe Chabot. Las, il ajoute : "visiblement tout le monde s'en fout". "La leçon de cette histoire c'est qu'un maire est incompétent pour gérer ce genre de situation et il y a une démission de l'Etat qui est inacceptable." Et le maire de citer le silence de la sous-préfecture et la non-intervention des gendarmes "par peur de représailles".

Le maire a sans doute fini par être entendu. Depuis deux jours, les choses semblent se décanter. "Il y a eu une réunion à ce sujet jeudi", a précisé vendredi en fin d'après-midi la préfecture de Vendée. Dans l'après-midi, la sous-préfète des Sables-d'Olonne a rencontré les gens du voyage. "Ils lui ont promis un départ samedi en fin de journée", a informé la préfecture qui précise qu'en cas de séjour prolongé, la force publique interviendrait.

(Image d'archives/DR)

Par Par A.Gu. et A.Ga. le 21 juillet 2006 à 20:33
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14 Commentaires

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  • Yoyo, le 22/07/2006 à 15h25

    Le probleme c'est que un collectif de soutien au gen du voyage va se former et empecher toute action. c'est tout le temps comme ça.

  • Vastre, le 22/07/2006 à 14h25

    Seuls les hors la loi ont le droit de régenter la France. Les citoyens sont priés de se planquer ou de déguerpir. On en reparle au printemps 2007.

  • Coulet, le 22/07/2006 à 13h37

    Il ne faut pas écouter leurs "visions"!...

  • Franck, le 22/07/2006 à 12h01

    Voici la preuve de la démission de l'état dans des affaires qui melent des individus d'une autre culture !!! la peur des procès contre racisme, discrémination et autres règnent en France !!! et nous contribuables nous payons chaque jour pour tous ces gens qui viennent d'ailleurs, et pour toute cette masse politique incapable de faire respecter la loi !!!

  • Geronimo, le 22/07/2006 à 11h22

    Les gens du voyage font de la désobéissance civile comme tout le monde. Il y a pas de raison que des députés, maires, conseillers généraux voire ancien ministres le fassent avec l'appui de journalistes et que les gens du voyage ne le fassent pas. Le non respect de la loi devrait étre le méme pour tous, on est en république.

  • Pat, le 22/07/2006 à 10h57

    Gens du voyage? en fait ce sont des concessionnaires en tournée, qui présentent les derniers modèles haut de gamme et les plus belles caravanes!!! Ce sont des gens qui bossent en fait... Un peu de respect svp....

  • Pierre, le 22/07/2006 à 09h47

    Euh ca étonne qui cette histoire on ne peut plus banale ?

  • Hadry, le 22/07/2006 à 09h06

    A Bercy il y a tant de cadres qui ne font que penser et sortent de l'Ena en attente d'affectation "future...". Pourquoi ne pas en prendre deux pour penser réellement sur ce problème qui perdure et s'amplifie. Il y à cinquante ans cela relevait du folklore ,aujourd'hui il s'agit de milliers de personnes qui ont choisi ce mode de vie .Faire un recensemement exact ,calculer le nombre de places ,prévoir dex lieux de grands rendez vous en France ,fixer les dates précises ,comme nous l'avons si bien fait pour la nomination d ' un directoire pour la communauté musulmane procéder à la formation d'un bureau directeur auquel on pourrait s'adresser et avec lui fixer un mode de vie rationnel qui ne perturbe plus les villes et villages de france .Au contraire cela deviendrait une occasion pour les villes choisies de créer des lieux de rencontres et de fêtes avec cette communauté .

  • Geoffroy, le 22/07/2006 à 08h45

    Dans 1 an il y en a qui vont pleurer... Comment peut on devenir aussi permissif et dans ce cas le sous prefet devrait accueillir chez lui,ces gens qui vivent en marge de la société car quand on subit ce type de problème, on devient plus réaliste.

  • Baboon, le 22/07/2006 à 07h52

    Il faudra peut être un jour considérer le problème des gens du voyage et que cela devienne un vrai débat public. Brétignolles n'est malheureusement pas un cas isolé dans ce beau pays.Pourquoi ces gens ont ils tous les droits de s'installer à leur guise en France ? Qui les protège ? bravo à ce maire qui ose clairement exprimer son ras le bol en dépis des menaces...

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