Dreyfus réhabilité, une "victoire de la République"

le 12 juillet 2006 à 12h31 , mis à jour le 12 juillet 2006 à 22h15

100 ans après sa réhabilitation en 1906, Jacques Chirac a rendu hommage mercredi au capitaine Albert Dreyfus, lors d'une cérémonie nationale à l'Ecole militaire, à Paris. L'affaire Dreyfus "aurait pu porter un coup fatal à la République", a rappelé le chef de l'Etat, mais "sa tragédie fut le creuset des valeurs humanistes".

TF1/LCI : Le discours d'hommage de Jacques Chirac au capitaine Dreyfus Le discours d'hommage de Jacques Chirac au capitaine Dreyfus © DR

C'est à l'endroit même où le capitaine Albert Dreyfus avait été accusé de trahison et publiquement dégradé en 1895, à l'Ecole militaire, à Paris, que Jacques Chirac lui a rendu hommage ce mercredi. Une cérémonie nationale a été organisée, 100 ans tout juste après la réhabilitation de l'officier en 1906 au cours de laquelle le président a affirmé dans un vibrant discours que la réhabilitation de Dreyfus était "la victoire de la République et la victoire de l'unité de la France".

"Moment fondateur pour l'enracinement de la République"

"La tragédie du capitaine Dreyfus continue à résonner fortement dans nos coeurs. Après avoir divisé le pays, elle a contribué à fortifier la République", a déclaré Jacques Chirac. "L'Affaire" fut "une crise majeure, mais aussi un moment fondateur pour l'enracinement de la République", a-t-il souligné. Elle "aurait pu porter un coup mortel à la République : au lieu de cela, non seulement la République a surmonté la crise, mais elle en est sortie plus forte. Ses piliers y ont trouvé une solidité nouvelle : l'armée, la justice, la presse, les intellectuels".

"Sa tragédie fut le creuset où finirent de s'élaborer les valeurs humanistes de respect et de tolérance, des valeurs qui aujourd'hui encore constituent notre ciment", a ajouté le chef de l'Etat, qui s'exprimait en présence de descendants d'Alfred Dreyfus, de plusieurs membres du gouvernement, dont le Premier ministre Dominique de Villepin, la ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie et des hauts responsables militaires.

Extraits d'une lettre de Dreyfus

Citant "le refus du racisme et de l'antisémitisme, la défense des droits de l'Homme, la primauté de la justice", le président de la République a souligné que "toutes ces valeurs font aujourd'hui partie de notre héritage". Et de rappeler que ces valeurs pouvaient nous sembler acquises mais qu'il fallait toujours être vigilant : "le combat contre les forces obscures, l'injustice, l'intolérance et la haine n'est jamais définitivement gagnée", a conclu le chef de l'Etat.

Lors de la cérémonie, qui a duré environ 45 minutes, des détachements des trois armes ont rendu les honneurs dans la cour pavoisée de drapeaux tricolores. Deux textes ont été lus en début de cérémonie : des extraits d'une lettre envoyée par Dreyfus lors de son emprisonnement au  bagne de l'île du Diable par un élève de Polytechnique (Dreyfus était polytechnicien), et des extraits des attendus de l'arrêt de la Cour de cassation réhabilitant le capitaine Dreyfus par Guy Canivet, Premier président de la Cour de cassation.

Photo d'ouverture : Le discours d'hommage de Jacques Chirac au capitaine Dreyfus - DR

le 12 juillet 2006 à 12:31
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