Dominique de Villepin saluant "le très large consensus" de la classe politique française sur le Liban © DRLa classe politique française a affiché son unité sur la position de la France dans le conflit actuel au Proche-Orient, à l'issue d'une réunion à Matignon mardi soir. Cette réunion d'information rassemblait les responsables des partis politiques représentés au Parlement ainsi que les présidents de l'Assemblée et du Sénat et plusieurs ministres, dont Michèle Alliot-Marie (Défense), Philippe Douste-Blazy (Affaires étrangères) et Nicolas Sarkozy (Intérieur).
Dominique de Villepin a salué "le très large consensus qui s'est exprimé au cours de notre réunion, à la fois sur la position et sur l'engagement de la France tels que définis par le président de la République", lors d'une brève déclaration sur le perron de Matignon. "Nous sommes mobilisés sur l'ensemble des fronts", a rappelé le Premier ministre, notamment "sur le plan politique, pour obtenir un cessez-le-feu immédiat, pour définir les conditions d'un accord politique qui permette à la fois d'assurer la sécurité d'Israël et en même temps, l'affirmation de l'autorité du gouvernement libanais sur l'ensemble du territoire. Et puis, une fois les conditions politiques réunies, pour obtenir le déploiement d'une force internationale qui, pour nous Français, doit être une force placée sous le mandat des Nations unies".
Alliot-Marie : "Nous resterons sur place aussi longtemps que nécessaire"
Le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, a confirmé que la réunion s'était déroulée "dans un climat de grande responsabilité, donc de consensus et c'est normal". "Autant sur les questions de politique intérieure, nous avons nos divergences, elles sont saines pour la démocratie, autant sur les événements de cette gravité, il est normal que nous soyons tous unis sur des positions qui doivent être justes et qui doivent appeler de la part de la France une intervention forte", a-t-il expliqué. "On se retrouve sur cette position" défendue par les autorités françaises, a également concédé la communiste Marie-George Buffet.
Le président de l'Assemblée, Jean-Louis Debré, a noté le "consensus général pour se féliciter de la réaction française, et de l'implication de la France dans ce conflit". François Bayrou, président de l'UDF, a estimé de son côté que la ligne adoptée par le gouvernement "réunit la grande majorité des Français, et il faut espérer que cette ligne soit efficace. La seule réserve que l'on puisse marquer c'est la triste absence d'une voix européenne qui s'exprime avec force", a-t-il regretté une nouvelle fois, affirmant que "tant que l'Europe ne parlera pas d'une seule voix, on n'aura pas l'efficacité qu'on attend".
Dominique de Villepin a assuré que l'aspect humanitaire de la crise au Liban serait "au coeur des discussions" prévues mercredi à Rome, "rassemblant l'ensemble des amis du Liban", et s'est félicité du bon déroulement des évacuations des Français du Liban. A ce sujet, le ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, a regretté que la France reste seule "sur le terrain parce que les Britanniques et les Américains, estimant avoir évacué leurs resssortissants, se sont retirés. Ils ont pris le large. Nous resterons sur place aussi longtemps que nécessaire", a affirmé la ministre.
Photo d'ouverture : Dominique de Villepin saluant "le très large consensus" de la classe politique française sur le Liban - DR
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